Annoncé le 20 juin dernier par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, le « plan mercredi » a tardé à se mettre en place.
En cause : des négociations entre la Caisse nationale d’allocations familiales et l’Etat sur la conventions d’objectif et de gestion 2018 -2022, qui n’ont abouti que le 11 juillet dernier. Cependant, les directions départementales de la cohésion sociale, qui gèrent au niveau local le dossier, sont déjà « harcelées par les collectivités, il y a une forte attente de leur part, et des familles », explique-t-on au ministère de l’Education nationale. Le site internet planmercredi.education.gouv.fr créé pour accompagner les collectivités a été mis en ligne le 25 juillet.
Montée en gamme
Avec les assouplissements accordés aux communes sur les rythmes scolaires, et le passage massif à la semaine de quatre jours, se pose la question de l’accueil du mercredi matin par les communes, et plus globalement de l’accueil périscolaire. « La semaine scolaire dure cinq jours, résume Jean-Benoît Dujol, directeur de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative au ministère de l’Education nationale. L’offre éducative de qualité doit aussi concerner le mercredi, même si on est plutôt sur du loisir éducatif ». Le ministère propose donc aux communes ou intercommunalités en charge du périscolaire de signer un projet éducatif de territoire (PEDT) labellisé « plan mercredi ». Celui-ci visera à :
- « Proposer des activités riches et variées en y associant des sorties éducatives et en visant une réalisation finale (œuvre, spectacle, exposition…) ». Le ministère insiste sur la notion de cycle, dans une logique de parcours pour parvenir à une progressivité pédagogique.
- Inscrire les activités périscolaires sur le territoire et en relation avec ses acteurs, en impliquant les habitants et en construisant des partenariats avec ses établissements culturels, ses associations d’éducation populaire, sportives et culturelles, ainsi que ses sites naturels.
- Assurer l’inclusion et l’accessibilité de tous les enfants souhaitant participer à l’accueil de loisirs, grâce, notamment, à la gratuité des activités ou à une tarification progressive.
- Mais surtout, garantir la complémentarité et la cohérence éducatives des différents temps de l’enfant.
L’ensemble des communes peuvent y prétendre, y compris celles qui ont souhaité rester à la semaine de 4,5 jours. « Ce n’est pas un plan « semaine de quatre jours », l’idée est de sortir cette opposition », ajoute Jean-Benoît Dujol. En contrepartie, la collectivité bénéficiera du doublement de la prestation de service ordinaire de la CAF, qui passera à un euro par heure et par enfant, au lieu de 0,54 centimes actuellement.
Des avantages pour les collectivités
Elle bénéficiera également de la possibilité de mettre en place un encadrement allégé : le décret instituant ce taux dérogatoire a été publié au JO du 25 juillet. Ainsi le taux d’encadrement pour les accueils de loisirs sans hébergement (ALSH), passera, pour les enfants de moins de 6 ans, d’un animateur pour 8 enfants, à un animateur pour 10 enfants pour la journée.
Pour les enfants de 6 ans et plus, il passera d’un animateur pour 12 enfants, à un animateur pour 14 enfants pour la journée et à un animateur pour 18 enfants pour la demi-journée. Les intervenants extérieurs pourront également être comptés dans les effectifs encadrants.
Les signatures de PEDT labellisés « plan mercredi » devraient débuter dès septembre, et s’étaler sur plusieurs mois, car leur élaboration nécessite un long travail. Les services de l’Etat pourront accompagner les collectivités dans leur rédaction.
De nombreux PEDT existent déjà , mais ils ont parfois été dénoncés au moment du retour à la semaine de quatre jours, ou devront être amendés pour monter en qualité. Le site internet mis en place pour l’occasion met à disposition différents contenus pédagogiques, et des parcours éducatifs type, que les grandes fédérations d’éducation populaire ont contribué à proposer.
Cet article fait partie du Dossier
Rythmes scolaires : les communes à l'heure des choix
Sommaire du dossier
- Temps périscolaires : les communes peu convaincues par le « Plan mercredi »
- Un nouvel outil pour accompagner le plan Mercredi
- Une rentrée scolaire sous le signe assumé du pragmatisme
- Rythmes scolaires: le retour en force de la semaine de quatre jours d’école
- Les conséquences du retour de la semaine de quatre jours d’école
- Retour à la semaine de 4 jours : vraiment une source d’économie pour les communes ?
- Rythmes scolaires : le décret d’assouplissement publié, malgré les oppositions
- Rythmes scolaires : entre remise en cause et stabilité
- Assouplie, la réforme des rythmes scolaires reste obligatoire
- Rythmes scolaires : une réforme génératrice d’inégalités ?
- Rythmes scolaires : clichés et contre-vérités passés au crible
- Les animateurs, grands oubliés de la réforme des rythmes scolaires ?
- Financement des rythmes scolaires : les mauvaises manières du gouvernement
- Rythmes scolaires : élus et techniciens mécontents de voir le fonds de soutien lié au PEDT
- Rythmes scolaires : le virage à 180 degrés du ministère de l’Education nationale
- Rythmes scolaires : sur le terrain, ce que vivent les équipes municipales, à quelques jours des vacances
- Bal tragique des rythmes scolaires : un enterrement
- Réforme des rythmes scolaires : un maire peut-il refuser de l’appliquer ?
- [Exclusif] Rythmes scolaires : « Je mesure la difficulté de la mise en œuvre de cette réforme pour de nombreux élus » – Vincent Peillon, ministre de l’Education
- Un assouplissement de la réforme des rythmes scolaires : oui, mais lequel ?
- Rythmes scolaires : selon leur taille, les collectivités n’ont pas les mêmes urgences
- Réforme des rythmes scolaires : le CNFPT enrichit son offre de formation
- Réforme des rythmes : les enseignements du colloque de la Gazette du 14 novembre
- Rythmes scolaires : combien va coûter la réforme aux collectivités locales?
- Réforme des rythmes : les ressources documentaires du colloque de la Gazette du 14 novembre
- Surcoût de 10 à 30% pour les communes qui ont appliqué la réforme des rythmes scolaires
- Transports scolaires, « le maillon oublié » de la réforme des rythmes scolaires
- Rythmes scolaires : les désillusions des animateurs périscolaires
- Réforme des rythmes : entre enseignants et animateurs, le fossé se creuse – interview croisée
- [Exclusif] Rythmes scolaires : le projet de décret détaille les critères d’attribution du fonds d’amorçage
- Projet de loi sur la refondation de l’école : l’Andev sur la réserve, le RFVE moins
- Rythmes scolaires : les premières annonces appellent des précisions sur les moyens
- Ressources documentaires
Thèmes abordés




