Le président de la République a annoncé un « changement de paradigme » dans l’organisation de notre système de santé lors de sa présentation du plan « Ma santé 2022 ». Mais cette volonté de transformation reste floue sur plusieurs points, des concertations devant s’ouvrir dans les prochains jours notamment sur la définition du métier d’assistant médical ou la transformation des communautés professionnelles territoriales de santé.
La coercition manque pour l’APVF
« Cette réforme constitue un rendez-vous manqué pour la lutte contre la désertification médicale », déplore l’Association des petites villes de France (APVF) dans un communiqué. Les 400 médecins généralistes qui seront embauchés pour travailler, comme salariés, dans les déserts médicaux est une bonne chose, reconnaît l’APVF « mais ce chiffre doit être contrasté à celui des 4 000 assistants médicaux prévus par ce même plan pour accompagner et faciliter le travail des médecins ».
Surtout les élus des petites villes regrettent qu’une fois encore les médecins ne soient pas obligés à venir s’installer dans les zones sous-dotées. « Les élus locaux en paient le prix. Depuis des années, la démultiplication des aides directes ou indirectes coûte extrêmement cher au contribuable et profite souvent à des médecins déjà installés, parfois dans la commune voisine. Cette course au rabais ne fait que renforcer les inégalités et la concurrence entre les territoires », écrivent-ils.
Et de conclure : « L’APVF appelle le Gouvernement à explorer la piste de la régulation : plusieurs types de mécanismes, temporaires ou non, permettraient en effet d’assurer une présence minimum de médecins généralistes dans les déserts médicaux. »
L’Ordre attend la suite
Mais ces demandes ne passeraient certainement pas auprès des médecins.
Le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) se dit en effet plutôt satisfait des annonces par le président de la République. « Beaucoup des préoccupations des médecins que nous portons ont été prises en compte », note Patrick Bouet, le président du CNOM. L’ordre sera donc « moteur » des futures concertations, car de nombreuses mesures doivent maintenant être détaillées, sur la définition des assistants médicaux ou la réforme des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), par exemple.
Sur ce dernier point, Patrick Bouet prévient : « Si les CPTS restent sur le modèle de la loi Touraine, c’est non tout de suite. »
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