Après le gel des projets photovoltaïques, décidé par le gouvernement en décembre pour trois mois, deux arrêtés du 5 mars posent les conditions du développement futur du secteur. Un nouveau départ ?
Ces textes confirment l’objectif du moratoire de l’hiver dernier : donner un coup d’arrêt à la filière. Les prochaines réalisations sont soumises au plafond de 500 megawatts (MW) par an : c’est très nettement en deçà de ce que font les pays voisins et ne permettra pas à la filière de prendre toute son ampleur.
Ces décisions vont à contre-courant de la dynamique qui commençait à s’amorcer.
Dans quelle mesure les projets vont-ils être ralentis ?
On estime que les projets, publics et privés, gelés en décembre 2010 représentaient environ 2 000 MW – soit quatre années de quotas. Le plafonnement à 500 MW annuels va conduire à l’abandon de projets ou à la création d’une file d’attente.
En outre, la baisse de 20 % du prix d’achat du courant(1), va réduire la rentabilité des opérateurs.
Le secteur est donc promis à une baisse d’activité et de rentrées d’argent. Environ 10.000 emplois sont concernés.
La voix de l’ARF ne semble pas avoir porté lors de la concertation sur l’avenir de la filière …
Nous avions demandé que les projets en instance, portés par les collectivités locales, soient maintenus selon le régime antérieur. En vain.
Le rapport « Charpin Trink »(2) de février préconisait aussi un traitement différencié de ces projets. Sans plus de succès.
Conséquence du nouveau contexte : des collectivités vont devoir renoncer à des projets, les régions ne réaliseront pas intégralement l’équipement de lycées qu’elles avaient prévu.
Des industriels demandent à l’Etat de « revoir sa copie »
Des dizaines de professionnels du photovoltaïque se sont rassemblés mardi 8 mars 2011 à Paris pour demander au gouvernement de « revoir sa copie ». « On nous a bernés avec une concertation bidon qui n’a servi à rien! », a lancé Ariane Vennin, porte-parole du collectif « Touche pas à mon panneau solaire » (450 entreprises représentées), juchée sur un camion sur lequel avait été installé un panneau photovoltaïque factice pendu à une potence.
La manifestation, organisée à proximité de l’Elysée, a rassemblé une petite centaine de personnes. « Solaire, les professionnels rient jaune », assurait un panneau visible dans ce rassemblement auquel ont pris part des dirigeants et salariés de petites et moyennes entreprises du secteur, venus quatre fois moins nombreux qu’à la précédente manifestation organisée le 11 février à Paris.
« C’est le signe que la filière est dépitée, dégoûtée et même un peu résignée », a indiqué à l’AFP Mme Vennin, demandant au gouvernement de « revoir sa copie » après avoir annoncé, samedi, des textes qui, selon elle, vont entraîner « des dépôts de bilan » et menacent les « 25.000 emplois » du secteur.
Thèmes abordés
Notes
Note 01 par rapport au tarif en vigueur depuis le 1er septembre 2010. Le tarif d’achat de l’électricité solaire doit ensuite être ajusté trimestriellement. Retour au texte
Note 02 avançant des propositions de refonte du cadre juridico-économique de l’activité photovoltaïque, à l’issue de la concertation menée avec les acteurs du secteur. Retour au texte




