Ancien président du centre communal d’action sociale (CCAS) du Havre, Edouard Philippe a ouvert, ce 15 octobre 2018, le congrès de l’Union nationale des CCAS, à Nantes. Toujours prompt à la blague, le Premier ministre a d’ailleurs dit « ça va chauffer » quand il a découvert qu’aucun Havrais n’était présent dans la salle. « C’est moche », s’est-il désolé.
Au-delà du bon mot, sur le fond, le chef du gouvernement est venu dérouler la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, présentée par Emmanuel Macron mi-septembre.
Remerciement
Priorité à la petite enfance, période « où les inégalités les plus pernicieuses s’installent » ; logique d’innovation sociale, avec un fonds doté de 100 millions d’euros qui sera créé ; petits-déjeuners servis dans les classes de REP+… Le Premier ministre a repris les grandes thématiques du plan pauvreté, détaillant les mesures.
Mais il est surtout venu remercier l’action de l’Unccas auprès du gouvernement, dans une période où les relations sont souvent complexes avec les associations d’élus… « Vous avez participé utilement à l’élaboration » de la Stratégie de lutte contre la pauvreté, a souligné Edouard Philippe. La collaboration avec le gouvernement a été « constructive, attentive, exigeante parfois », a-t-il ajouté.
« L’Unccas et le gouvernement regardent dans la même direction », a assuré le Premier ministre. Et le Plan pauvreté ne pourra se faire sans les CCAS et CIAS, acteurs « essentiels à la cohésion sociale ». Ils permettent d’adapter les réponses proposées aux habitants en fonction du territoire. « Vous êtes le premier et dernier recours » pour la population, touchant ainsi près de 70% des Français.
« Nous avons besoin de vous, de l’action locale pour lutter efficacement contre la pauvreté », a-t-il conclu.
La gaffe
Dans cette opération de relation avec les territoires, avec un discours cajoleur et très consensuel, le Premier ministre a néanmoins gaffé. « Aucune métropole, aucun territoire récemment fusionné ne veut se départir de son réseau de CCAS/CIAS », a affirmé le Premier ministre. Face au silence et à quelques têtes secouant négativement la tête, Edouard Philippe s’est arrêté. « Si, ça existe ? » a-t-il demandé. Alors que des fusions forcées de CCAS en CIAS ou des fermetures de CCAS dans les petites communes avec la loi NOTRe ont lieu un peu partout, la candeur d’Edouard Philippe n’a pas fait sourire dans la salle…
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