C’est une mesure du protocole d’accord signé (qui reste incitatif car non valide) le 30 novembre sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique : abaisser à 40 000 habitants le seuil à partir duquel s’impose le dispositif des nominations équilibrées à des postes d’encadrement supérieur dans les collectivités. Un moyen d’action qui devait contribuer à renforcer la place des femmes dans les directions générales.
Car en 2018 encore, une femme peut brillamment assurer pendant six mois l’intérim du directeur général des services, mais se voir refuser le poste… « pour son propre bien ». Un cas anecdotique ? Pas forcément. Seuls 35 % des emplois de direction dans les grandes collectivités fin 2014 étaient pourvus par des femmes, selon une étude du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) sur les emplois de direction dans les grandes collectivités (publiée en mai 2016, derniers chiffres disponibles). « Les femmes représentaient 29 % pour les emplois fonctionnels, 34 % pour les postes de directeur et plus de 40 % pour l’encadrement intermédiaire. Avec une progression notable depuis 2005, de + 18 % au global, + 16 % sur les emplois fonctionnels et + 19 % sur ceux de directeur. Mais l’accès à ces postes demeure difficile », constate Christophe Lepage, directeur de l’Observation prospective de l’emploi, des métiers et des compétences du CNFPT.
Syndrome de la bonne élève
Dans une étude réalisée en 2010 pour l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) puis à travers un article publié en 2015, Muriel Sam-Giao, administratrice territoriale, relevait non pas un, mais plusieurs plafonds de verre, « qui s’enchaînent et se cumulent » : ils concernaient le concours et l’entrée dans la catégorie A+, l’accès aux « grosses » directions générales adjointes (DGA) et la nomination à une direction générale des services (DGS). Huit ans plus tard, l’ensemble de ces problématiques est loin d’être résolu.
Contrairement au constat de 2010, les femmes réussissent aujourd’hui aussi bien que les hommes aux concours de l’Institut national des études territoriales (Inet). « Sur les trois dernières années, nous comptons en moyenne 52 % de femmes inscrites, admissibles et admises au concours d’administrateur territorial », se félicite Véronique Robitaillie, directrice de l’Inet. A l’examen professionnel d’administrateur territorial, les résultats extrêmement variables d’une session à l’autre s’équilibrent sur plusieurs sessions. Seul bémol,
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Gazette des Communes
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Femmes-Hommes : l'inégalité, ce n'est pas une fatalité
Sommaire du dossier
- Le comparateur de l’égalité femmes – hommes : un outil d’observation locale
- Egalité femmes-hommes : les nouvelles données commune par commune
- Management : « Il faudra remettre à plat le système de leadership »
- Quand les arbitrages budgétaires réduisent les inégalités femmes-hommes
- Lois, labels… de timides avancées vers l’égalité femmes-hommes
- 28 recommandations pour améliorer l’égalité femmes-hommes
- Postes de direction : en avant toutes !
- Accès aux directions générales : vers un partage du pouvoir ?
- Egalité femmes/hommes : la « grande cause du quinquennat » sur l’établi de la négociation
- « Un système de carrière fait pour les hommes »
- « On ne parviendra à l’égalité salariale que par une politique volontariste et un management efficace »
- Egalité femmes-hommes : de nouvelles obligations et des outils pour y répondre
- Evaluer son action à l’aune de l’égalité femmes-hommes
- Emploi et collectivités territoriales : les disparités entre hommes et femmes pointées du doigt
- Egalité femmes-hommes : le rattrapage des salaires exige un fort volontarisme
- A Blanquefort, une mise en oeuvre concrète du principe de parité
- Egalité professionnelle dans la fonction publique : 15 propositions pour aller plus loin
- « Les collectivités n’ont pas attendu le mouvement #MeToo pour agir »
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