Interrogée sur le personnel hospitalier le 9 janvier par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, la ministre des Solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a promis le versement courant 2019 d’une prime aux aides-soignantes travaillant dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), au nom de la pénibilité de leur travail. Pourquoi seulement elles ? Pourquoi seulement le public ? Pourquoi seulement l’hospitalier ?
L’intersyndicale du secteur de l’aide aux personnes âgées qui réunit 10 organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires, UFAS, UNS) et l’association de directeurs AD-PA s’est posé des questions en cascade sur cette annonce ministérielle « sortie du chapeau ». Un « engagement que j’avais pris lors de la feuille de route de sortie de crise des Ehpad le 30 mai dernier », a assuré la ministre, ce dont personne ne se souvient….
Opposer les professionnels entre eux
L’intersyndicale parle de propos « provocateurs » visant à opposer les personnels entre eux « alors qu’ils subissent tous » le blocage de leur salaire, quel que soit leur grade ou leur fonction, en Ehpad comme à domicile. « Ils ne veulent pas de primes, mais exigent l’augmentation des salaires et la revalorisation des carrières dans le cadre statutaire ou conventionnel » rappelle-t-elle dans un communiqué.
Elle y voit aussi une tentative de « contre-feu » à sa décision d’organiser 1000 réunions dans les Ehpad et services d’aide à domicile avec, à la clef, des motions adressées au président de la République sur deux grandes revendications : l’augmentation des salaires et l’amélioration du ratio personnel/résidents à un pour un. Ces motions seront centralisées jusqu’à début février.
« Nous ne pouvons que le constater, depuis la mobilisation et la grève inédite du 30 janvier 2018, rien n’a véritablement changé » déplore l’intersyndicale qui demande « solennellement » une audience à Emmanuel Macron et l’ouverture de négociations. Dans le cas contraire « nous n’aurons pas d’autres choix que de décider d’appeler à la grève ». L’intersyndicale se réunira le 29 janvier.
Accidents du travail : le secteur le plus « sinistrogène »
L’assurance-maladie vient de confirmer que les accidents du travail continuent de baisser en 2017 avec un taux de 33,4 accidents pour 1000 salariés, niveau le plus bas depuis 70 ans, y compris dans le BTP (56,8 accidents). Grande exception : le secteur de l’aide et des soins à la personne poursuit sa hausse avec un indice de fréquence de 52,8, mais surtout de 97,2 pour les activités les plus « sinistrogènes » toutes catégories confondues, c’est-à-dire les Ehpad et l’aide à domicile. Le taux était de 94,6 l’année précédente.
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