« Avant les universités n’allaient pas vers la société, vers les élus. Les observatoires territoriaux du logement étudiant (OTLE) vont permettre à l’enseignement supérieur, aux collectivités locales et ainsi qu’aux acteurs de l’habitat de travailler ensemble. Face à un système universitaire soumis à une concurrence nationale et internationale, la question de l’attractivité des territoires se pose, tant en matière de qualité des formations mais aussi de vie étudiante et de logement» considère Vincent Hoffamnn-Martinot, Président de la Communauté d’Universités et Établissements (COMUE) d’Aquitaine et membre de la Conférence des présidents d’université (CPU).
Cinq territoires labellisés
Face à le difficulté croissante pour les étudiants à se loger, les villes, les communautés et leurs associations dites du « bloc local »* ainsi que les agences d’urbanisme, les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) ont lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la création de ces observatoires. La labellisation des cinq premiers territoires qui vont bénéficier d’un OTLE était annoncé, le mercredi 30 janvier. Il s’agit d’Amiens Métropole, de Brest Métropole, de l’Ile-de-France, du Grand Reims et Ardennes Métropole, et du Sillon Alpin. Trois autres territoires (Lorraine Nord, Aquitaine, Grand Nancy) seront labellisés en mars prochain. Ces observatoires territoriaux qui vont se déployer tout au long de l’année 2019, doivent permettre de « comprendre l’évolution des besoins et l’offre en matière du logement étudiant. C’est une démarche pour aller au plus près des territoires. » explique Catherine Vautrin, Présidente (LR) du Grand Reims et de l’Association des villes universitaires de France (AVUF).
Intégration au plan local de l’habitat
Ces observatoires se doivent de réunir des données objectives (INSEE, CNAF, CROUS, …) mais aussi des éléments subjectifs tels que l’enquête en Aquitaine sur les conditions de vie étudiante, ou des études prospectives. « Ainsi une réflexion sur le logement étudiant en terme d’architecture pourra être engagée. Car aujourd’hui les étudiants plébiscitent les lieux partagés et les colocations» développe Vincent Hoffamnn-Martinot.
L’ambition de ces observatoires est de faire entrer le logement étudiant dans les politiques locales de l’habitat. Ainsi les résultats des différentes études permettront de nourrir les observatoires locaux de l’habitat mis en place dans le cadre des Plans locaux de l’habitat ( PLH). Les OTLE s’inscrivent aussi dans la dynamique du plan 60 000 logements étudiants lancé par le gouvernement.
Ces associations d’élus engagées dans un dialogue avec l’enseignement supérieur et la recherche ont aussi interpellé le Ministère de la Cohésion des territoires dans le cadre du plan Action Coeur de ville sur la revitalisation des centres des villes moyennes. Il s’agit de faire en sorte que les villes retenues dans le plan prennent en compte l’université comme levier d’attractivité, un aspect oublié dans un premier temps.
*Association des Villes Universitaires de France, l’Association France urbaine, l’Association des communautés de France, la Fédération nationale des agences d’urbanisme et l’Association Villes de France.




