Basée sur l’analyse des parcours de 68 397 individus entre 2005 et 2014, l’étude économétrique de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), Les salariés en insertion par l’activité économique : quels parcours avant l’entrée ? Quelles perspectives à la sortie ?, est parmi les premières à s’intéresser aux parcours des salariés de l’Insertion par l’activité économique (IAE). Elle confirme que ce dispositif s’adresse bien aux publics les plus éloignés de l’emploi.
Ainsi, 80% des salariés de l’IAE avaient un niveau d’études inférieur au Bac avant l’entrée dans le dispositif, avec une part importante des non diplômés. 41% parmi eux étaient bénéficiaires des minima sociaux. 80% étaient sans emploi, inscrits à Pôle emploi, et avaient connu en moyenne 10 mois d’activité salariée durant les 3 années précédant leur embauche dans des structures de l’IAE.
Le taux d’insertion variable
Six mois après la sortie, le taux d’insertion était de 30% pour les ateliers et chantiers d’insertion (ACI), de 37% pour les entreprises d’insertion (EI), alors qu’il était de 52% pour les sortants des associations intermédiaires (AI) et de 55% des entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI). Ces différences s’expliquent par la disparité des publics accueillis par les diverses structures. La Dares a analysé les parcours 6, 12 et 24 mois après la sortie de l’IAE. Ainsi, dans l’ensemble, quelle que soit la date ou la structure, le non emploi à l’issue de l’IAE est de 59,1%.
Typologie des trajectoires des salariés de l’IAE
Plus de la moitié (55%) des parcours étaient marqués par un éloignement durable du marché de l’emploi « classique » avant et après le passage en IAE. 11% se sont caractérisés par un encrage dans l’IAE. On note dans ce segment une surreprésentation des personnes de plus de 50 ans, l’IAE représentant pour elles l’ultime solution de se maintenir en emploi. 14% des parcours se sont poursuivis après l’épisode en IAE par l’enchaînement d’emplois temporaires – ce sont les jeunes qui sont les plus nombreux dans cette catégorie.
Enfin, 15% sont sortis vers un CDI à temps plein (en général, les personnes ayant un diplôme), et 5% – vers un CDI à temps partiel. Les femmes, travaillant dans les services à la personne, sont les plus concernées par les contrats à temps partiel. Pour elles, l’IAE est à la fois un tremplin vers l’emploi, et un chemin vers des « trappes à précarité ».
Vocation sociale de l’IAE
Le rapport s’intéresse aux incidences du marché de l’emploi sur les parcours des salariés de l’IAE. Sans surprise, le taux de chômage sur un territoire ne facilite pas les sorties positives du dispositif. Les zones désindustrialisées, comme le Nord et le Pas de Calais, sont des lieux où se concentrent les parcours caractérisés par l’encrage dans l’IAE.
Même si elle est considérée comme un sas vers l’emploi « classique », l’IAE, conclut le rapport, prend en charge des personnes en grande difficulté sociale et professionnelle, et remplit « une mission sociale qui va bien au-delà du retour à l’emploi. »
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