Les bailleurs sociaux sont-ils en mesure d’anticiper les besoins des locataires vieillissants ?

On a l’impression que, pour lancer un projet d’habitat inclusif, les bailleurs sociaux ont besoin d’être « tirés par la manche » par une collectivité ou une association…
Le bailleur social s’inscrit durablement sur un territoire, il a des partenariats très construits avec les collectivités locales. Sur ce sujet de l’accompagnement du vieillissement, la question du partenariat est très importante. A partir du moment où une collectivité locale va impulser une dynamique, le résultat produit est forcément plus intéressant. Mais il ne faudrait pas dire que les organismes de logements sociaux n’agissent dans ce domaine que sur initiatives portées par les collectivités locales.
De plus en plus, les organismes HLM s’inscrivent dans une politique d’offre d’habitat et de services, définie en concertation avec les acteurs locaux et en fonction des besoins des territoires. Dans la loi Elan, l’article 88 fait d’ailleurs évoluer les missions des organismes en ces sens.
Qu’est-ce qui a poussé les bailleurs sociaux à le faire ?
Les besoins des locataires âgés du parc social et le fait qu’ils ne trouvent pas toujours les services dans leur territoire. D’après nos enquêtes qualitatives, ils sont demandeurs de menus travaux -remplacement d’une baignoire par une douche, installation de barre d’appui dans les toilettes… – mais de plus en plus, aussi de : service de veille, d’animation, de lutte contre l’isolement… Or il ne faut pas nier la question de la solvabilité des locataires, et c’est bien la limite de l’exercice… Un chiffre assez ancien mais qui reste d’actualité, indique que 47% des locataires du parc social de plus de 65 ans appartiennent au quartile le plus modeste de la population, donc en-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 930 euros de ressources mensuelles.
Le concept de l’habitat inclusif devrait apporter des solutions nouvelles. Il faut maintenant attendre la définition du cahier des charges et connaître les modalités de financement.
Et en attendant ?
Les bailleurs sociaux ont développé depuis de nombreuses années des opérations d’habitat regroupé, d’habitat accompagné, intergénérationnel… Ils continuent malgré un contexte qui se durcit… Le mécanisme de la réduction du loyer de solidarité grève très lourdement leurs budgets ce qui aura forcément un impact sur le financement de travaux et le développement d’offres nouvelles… Pour le moment, on n’en a pas encore les effets immédiats, mais nous sommes inquiets.
Des financements ne peuvent-ils pas venir de l’assurance-vieillesse ?
Nous avons signé une convention triennale 2016-2018 avec la Caisse nationale d’assurance vieillesse qui a été très productive et sommes en discussion pour son renouvellement 2019-2022.
Les opérations spécifiquement dédiées proposent des logements adaptés mais également des espaces de vie collectifs pour les animations ou les ateliers, que seule la Cnav nous permet de financer. Ce partenariat est donc très important.
Cet article fait partie du Dossier
Avec l'habitat inclusif, cap sur l'autonomie
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Sommaire du dossier
- L’habitat inclusif amené à se développer
- Habitat inclusif : une définition récente mais un concept déjà expérimenté
- Habitat inclusif : « il y a un avant et un après loi Elan »
- Habitat inclusif : maintenant, il faut passer à la généralisation
- « Le concept de l’habitat inclusif devrait apporter des solutions nouvelles »




