Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé, présenté en conseil des ministres par la ministre Agnès Buzyn ce 13 février, doit venir régler le problème des déserts médicaux, toujours plus prégnant dans les territoires. Or, après le volet médecine de ville, c’est désormais la refonte des hôpitaux de proximité qui s’attire les critiques.
La réforme des mode d’exercice des professionnels de santé libéraux, avec notamment le renforcement des Communautés professionnels territoriales de santé (CPTS), a reçu un accueil défavorable des médecins et des infirmiers. Les négociations avec l’assurance maladie sont toujours en cours.
Après cette première salve, le ministère doit désormais faire face à une fronde des élus locaux qui refusent eux la transformation de centres hospitaliers en hôpitaux de proximité.
Transformation des hôpitaux
« Les premières pistes connues de la loi qui sera présentée mercredi [13 février, Ndlr] ne répondent que partiellement à la réforme annoncée par le Président » Emmanuel Macron en septembre, regrettaient les présidents de l’AMF, l’ADF et Régions de France et de la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un tribune, le 10 février, dans le JDD.
Lors de sa présentation de « Ma santé 2022 », en septembre 2018, le Président avait parlé de partir des territoires pour réorganiser la santé. Mais il avait également souligné le besoin de fermer des services… « Je ne laisserai jamais ouvert un service dans lequel aucun d’entre nous n’enverrait ses enfants », avait-il déclaré.
Et le passage d’un peu plus de 200 hôpitaux de proximité à près de 600 doit justement se faire en transformant des hôpitaux existants. Ces derniers vont donc perdre certains de leurs services pour entrer dans le moule réglementaire des hôpitaux de proximité…
Exit donc les maternités, les urgences et les services de chirurgie pour développer des services de rééducation ou de gériatrie. La présence de plateau technique de radiologie sera néanmoins maintenue a assuré Agnès Buzyn sur France inter, le 12 février.
Refus des élus
Une modification que refusent les élus. Frédéric Valletoux, le président de de la FHF également maire de Fontainebleau (Seine-et-Marne, 15 000 hab.), demande qu’un « un équilibre entre la proximité, la qualité et la sécurité des soins » soit trouvé, dans une interview à Europe 1. « On ne peut pas non plus hyper-concentrer les maternités et les plateaux chirurgicaux », a-t-il ajouté.
« Des actions ayant un impact sur la politique des transports, sur le logement ou sur l’emploi et un souci de santé publique chez tous les acteurs (élus, enseignants, entreprises) sont plus efficaces pour réduire les inégalités de santé que le maintien d’une maternité », répond de son côté Claude Evin, ancien ministre de la Santé dans une tribune au Journal du Dimanche.
Le texte doit maintenant être examiné par les députés à partir du 18 mars.
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