La désertification médicale est-elle une fatalité ?
Telle était la question posée par la première rencontre thématique organisée, le 29 mars dans son auditorium flambant neuf, par l’AMF(1).
La réponse de Xavier Bertrand a été : « non ».
Le ministre du Travail, de l’emploi et de la santé a récapitulé les mesures prises depuis 2005 pour inciter les médecins à s’installer, en répétant avec insistance être contre la coercition : « la liberté d’installation est un pilier de la médecine libérale ».
En en reconnaissant, toutefois, le relatif manque d’efficacité…
248 maisons de santé pluridisciplinaires financées en 2011
Il a annoncé la mise en place, d’ici juillet prochain, d’un service unique d’aide à l’installation des professionnels de santé au sein des ARS et le financement de 248 maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) cette année, contre 94 en 2010.
Avec, assure-t-il, une simplification administrative portée par la proposition de loi Fourcade, adoptée en première lecture par le Sénat le 9 mars.
Le texte organise l’exercice groupé des médecins et paramédicaux sous forme de Société interprofessionnelles de soins ambulatoires (SISA) et dote les MSP de la personnalité juridique.
Après le recours aux médecins roumains, qui n’a même plus été évoqué le 29 mars, les MSP apparaissent comme la solution de la dernière chance pour des maires ruraux ou de banlieues totalement démunis : leur commune vit par anticipation le creux de la vague de la démographie médicale prévu, sur le plan national, pour 2018-2020.
Nécessaire partenariat étroit avec les professionnels de santé
Attention, a mis en garde Michel Legmann, président de l’Ordre des médecins : sans un partenariat étroit avec les professionnels de santé, ces maisons risquent de rester des coquilles vides, – ce qui est déjà le cas dans certaines communes.
Sans compter les difficultés dues à des procédures complexes, comme l’a souligné Jean-Carles Grelier, maire (UMP) de la Ferté-Bernard (72) qui a choisi de créer… un centre municipal de santé.
Car les statistiques ne sont pas là pour rassurer les élus: certes, le numerus clausus médical a été augmenté à 7 400 pour 2011, mais les étudiants boudent la médecine générale, et les jeunes médecins généralistes délaissent l’exercice libéral au sortir de leurs études : selon une enquête de 2010 sur les souhaits d’exercice des internes de médecine générale, seuls 16% envisagent l’installation.
Des mesures incitatives insuffisantes
Isabelle Maincion, maire de La Ville-aux-Clercs (41), s’est, elle, fait l’écho du « vrai désespoir des maires, du vrai désarroi de la population », relayée dans la salle par les élus impuissants quand « leur » dernier médecin dévisse sa plaque.
Et certains en appellent bel et bien à la coercition.
Jacques Pélissard, président de l’AMF, a confirmé ces « fortes inquiétudes pour l’avenir, les actions engagées ne paraissant pas en mesure d’assurer durablement l’accès aux soins de proximité ».
Le 27 avril, le bureau de l’association aura à se prononcer sur une évaluation de ces mesures, un suivi attentif de la mise en place des MSP, et l’examen des contrats d’installation passés avec les jeunes professionnels.
Thèmes abordés
Notes
Note 01 Les suivantes porteront sur la mutualisation des services et sur le vieillissement. Retour au texte




