Né de la loi du 10 juillet 1989 relative à la prévention des mauvais traitements à l’égard des mineurs et à la protection de l’enfance, ce service téléphonique a reçu ses premiers appels le 10 janvier 1990.
De 115 000 appels décrochés en 1990, il est passé à 490 000 en 2009.
En 20 ans, plus de 200 000 enfants ont fait l’objet d’une demande d’évaluation auprès des départements, suite à un appel au 119.
Clarification des rôles
« Depuis la création de ce service téléphonique, le paysage de la protection de l’enfance a totalement évolué, analyse Didier Lesueur, directeur général adjoint de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (ODAS). En 1990, une grande diversité régnait dans l’organisation de la prise en charge. Chaque département avait développé ses propres circuits, connus surtout des professionnels, mais peu du grand public. Depuis, il y a eu clarification des rôles, et une meilleure organisation des circuits de signalements. La création du SNATED a contribué à cette amélioration. »
En 2009, ce sont 9 235 informations préoccupantes qui ont été transmises aux départements. Plus de 80% des situations d’enfants en danger ou en risque de l’être ont été confirmées.
Et dans 60% des cas, ces situations n’étaient pas connues des services sociaux.
« C’est la confirmation que ce service permet de resserrer les mailles d’un filet en définitive assez larges », se réjouit Didier Lesueur.
Quant au 40% d’alertes concernant des situations déjà connues des services départementaux, Didier Lesueur rappelle qu’elles doivent elles aussi être prises comme des clignotants.
« Face aux informations qui circulent, le risque est toujours celui de la banalisation. Le SNATED peut aussi avoir ce rôle : celui de changer le regard sur une situation, qui permette peut-être de mieux distinguer l’essentiel du périphérique. »




