Les conditions de vie des enfants en France varient d’un territoire à l’autre. C’est ce que montre une étude menée par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux. Publiée en mai 2019, elle établit une cartographie de la « qualité de vie des enfants en France ».
Plus de soixante indicateurs
Dans la lignée du rapport Stiglitz, le travail de la Drees étudie les conditions de vie des enfants de moins de 18 ans. Pour ce faire, la recherche s’est portée sur l’exploitation de données relatives à sept thèmes spécifiques aux enfants (1).
L’équipe de recherche a utilisé plus de soixante indicateurs disponibles au niveau des intercommunalités. Leur analyse simultanée a permis de construire huit groupes de territoires similaires entre eux et d’en fournir une cartographie interactive.
En périphérie, les bonnes conditions économiques ne font pas tout
Les trois premiers groupes dessinés par l’étude présentent certes de bonnes conditions économiques mais ils se distinguent par leur accès aux services et équipements scolaires et de santé. A eux trois, ils comptabilisent 5,2 millions d’enfants sur 14 millions dans la population totale en France métropolitaine.
Le premier groupe rassemble des communes situées dans les couronnes des grandes métropoles régionales (Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux entre autres). Le niveau de vie des familles y est le plus élevé et il se distingue par une bonne couverture en équipements et en services.
Mêmes conclusions pour le groupe 2, localisé à la fois en Bretagne, dans les Pays de la Loire, le bassin lyonnais, le Nord, le Doubs et le Jura. Ces territoires accueillent toutefois plus de familles nombreuses qu’ailleurs et l’éducation prioritaire y est moins développée.
Le groupe 3 a un profil socio-économique plus élevé que le précédent mais son bilan est plus contrasté. Réparti sur les périphéries de certaines grandes villes (Clermont-Ferrand, Dijon, Nancy, Pau, Tours, etc.), il présente un accès aux services et aux équipements plus limité. Par exemple, les distances moyennes vers les collèges et lycées sont plus importantes que dans l’ensemble des territoires.
Des inégalités de services dans les zones moins aisées
Le groupe 4 concentre les caractéristiques économiques et sociales les plus défavorables. Il regroupe pour l’essentiel des communes situées en Île-de-France (nord de la capitale, Seine-Saint-Denis et sud du Val-de-Marne), dans l’est Lyonnais, ainsi que plusieurs villes réparties sur toute la France comme Le Mans, Saint-Nazaire, ou encore Reims. Il tire tout de même son épingle du jeu puisque l’accessibilité aux équipements et services (crèches, collèges, lycées, médecins, pédiatres) y est en moyenne plus grande que dans l’ensemble des territoires.
Composé essentiellement de territoires ruraux au Nord du pays, le groupe 5 accueille des familles moins favorisées mais les inégalités de niveau de vie y sont moins fortes que dans le groupe 4. Néanmoins, il affiche une moindre accessibilité aux médecins généralistes ou pédiatres que dans le groupe précédent.
De son côté, le groupe 6 abrite une plus faible population d’enfants (6%). Les communes appartenant à ce groupe sont réparties sur une diagonale allant du Nord-Est au Sud-Ouest, dans les Pyrénées et dans les Alpes. L’accessibilité aux soins est la plus limitée de l’ensemble des territoires mais, comme dans le groupe 5, le niveau de prix des achats immobiliers, rapporté au niveau de vie des familles, est plus réduit que dans le reste du territoire métropolitain.
Les grandes villes sont contrastées mais bien équipées
Le groupe 7 est celui de la plupart des grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Rennes, etc.), de la banlieue ouest de Paris, du bassin méditerranéen et de quelques villes moyennes ou petites. Les inégalités en termes de niveau de vie y sont particulièrement marquées mais ces territoires en majorité urbains disposent d’un bon accès aux équipements et services. C’est par ailleurs dans ce groupe que le recours aux pédiatres est le plus élevé.
Enfin, le dernier groupe rassemble des communes de montagne situées aux frontières espagnole et italienne, et en Corse. Le groupe 8 comptabilise moins de 100 000 enfants (1%) et, en moyenne, la part de familles nombreuses y est la plus faible. Bénéficiant d’un bon accès aux crèches, ce groupe présente des difficultés d’accès à d’autres services comme les maternelles par exemple.
Thèmes abordés
Notes
Note 01 Les modes d’accueil des jeunes enfants ; la santé (accès et recours aux soins) ; l’accès à l’éducation et les résultats scolaires ; les conditions socio-économiques ; les conditions de logement ; les pratiques sportives ; la démographie Retour au texte




