Mieux vaut habiter en Île-de-France qu’en Bretagne si on a un problème ophtalmologique. Ce constat est tiré d’une étude menée par la société de conseil et de technologies en santé Medicine4i sur les « préoccupations de santé des Français ». Dévoilée le 11 juin, l’enquête expose une France où l’accès à la médecine est loin d’être le même pour tous.
Sur la base d’un sondage Harris Interactive réalisé en février sur un échantillon représentatif de 4 000 Français, l’étude met notamment en lumière des inégalités qui vont bien au-delà des déserts médicaux.
Une France à deux vitesses
Les délais d’attente pour consulter un médecin peuvent varier du simple au double selon la région où l’on habite. Si la moyenne nationale est de 8,4 jours pour avoir un rendez-vous chez un généraliste, elle passe à 6 jours pour la Normandie contre 12,6 jours pour les Pays de la Loire. Le fossé territorial se creuse encore davantage quand il s’agit de voir un médecin spécialiste.
Une opposition nette s’établit entre Paris et les Hauts-de-Seine d’un côté, et le Grand Ouest de l’autre. L’étude montre qu’il faut attendre 46 jours pour consulter un ophtalmologue dans le premier territoire, contre 124 dans le deuxième. Quatre régions se distinguent particulièrement : la Bretagne, le Centre-Val de Loire, la Normandie et les Pays de la Loire. Toutes spécialités confondues, elles affichent des délais d’attente largement supérieurs à la moyenne nationale.
L’ophtalmologie est certainement la spécialité qui accuse le plus de disparités en termes d’accès à ses praticiens. Un parisien doit attendre en moyenne 46,1 jours pour consulter tandis qu’un habitant du Grand Ouest devra patienter environ 124,2 jours. Quoi qu’il en soit, les délais d’attente pour consulter un spécialiste sont tous supérieurs à 20 jours et varient du simple à plus du double selon le territoire.
Des inégalités sociales criantes
Aux disparités territoriales viennent s’ajouter des écarts entre catégories socio-professionnelles. Premier constat de l’étude : les ouvriers consultent moins les médecins spécialistes que les cadres et professions libérales. Sur les trois dernières années, seuls 16% des ouvriers sondés ont vu un cardiologue contre 24% des cadres.
Mais les différences ne s’arrêtent pas là. Quand on est ouvrier, on doit attendre 128 jours pour voir un ophtalmologue contre 78 jours pour un cadre, en moyenne. Et s’ils subissent des délais plus longs, les ouvriers n’ont également pas accès à la même prise en charge. A titre d’exemple, 24% des ouvriers sondés déclarent une absence de prise de tension en consultation contre 12% des cadres.
Des lacunes dans les pratiques
La qualité des soins est d’ailleurs un des pans de l’enquête, qui conclut notamment à une absence importante d’information donnée sur les traitements. Seul un patient sur six recevrait une information systématique sur les effets secondaire du traitement qu’on lui prescrit. Enfin, contrairement aux délais d’attente, les consultations s’étendent moins. Une consultation sur quatre dure en moyenne 15 minutes, quel que soit le montant des honoraires.
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