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Education

Propos de Georges Tron : un mépris envers les acteurs de l’école publique, selon l’AMRF

Publié le 06/05/2011 • Par Stéphanie Marseille • dans : A la une, France

Enfants jouant à l'elastic dans une cours d'école
Phovoir
L’association des maires ruraux de France (AMRF) réagit aux propos de Georges Tron qui avait estimé, dans un chat du Monde du 27 avril que « 18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d’enseignement avec les enfants » et fustige un « mépris envers les acteurs de l’Ecole publique ».

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RGPP oblige, plusieurs ministres se sont exprimés pour justifier les fermetures d’écoles ou de postes. Mais la « petite phrase faussement anodine et lourde de sens » formulée par Georges Tron le 27 avril sur le chat du Monde ne passe pas : ces propos sont qualifiés « d’inacceptables » et « d’anachroniques » par l’AMRF dans un communiqué du 5 mai. 
Regrettant que « 18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d’enseignement avec les enfants », Georges Tron avait en effet évoqué ses souvenirs de jeunesse et le charme d’être entre 35 et 40 élèves par classe.  « C’est une façon de tourner un sujet grave en dérision. Or, nous n’avons pas besoin de caricature », s’insurge auprès de la Gazette, Vanik Berbérian, président de l’AMRF. 

« Chaque rentrée scolaire est marquée par les mêmes problèmes depuis 20 ans : la baisse des effectifs et la fermeture de classes. L’Education nationale a commencé par retirer les postes les moins visibles, comme l’accompagnement des enfants en difficulté dans les bibliothèques ou les Rased. Ces réserves sont épuisées, elle s’attaque dorénavant à des postes de premier plan. Mais on ne peut pas raisonner sur l’école comme sur les autres services publics, car il y va de l’avenir de la société et ce n’est pas là qu’il faut faire des économies », poursuit-il. 

Crainte de voir des regroupements de regroupements – L’élu renvoie néanmoins dos-à-dos le ministère et les syndicats, car, estime-t-il, ces derniers posent mal le débat en s’accrochant aux ratios élèves/enseignants, nombre de postes/classes : «Nous savons aujourd’hui que la fragilité de l’école est un mal plus profond. Elle est liée à la qualité de la formation des enseignants, aux rythmes scolaires et aux activités péri-éducatives, qui ont toutes un impact sur la qualité de l’enseignement». 

Vanik Berbérian rappelle les efforts de regroupements pédagogiques entrepris par les territoires ruraux mais craint « une volonté de voir des regroupements de regroupements. Ce n’est pas une solution, en termes de distance et de fatigue pour les enfants. Mais cela représenterait aussi un transfert de charges indirect pour les collectivités, obligées d’assumer alors les transports ».

Enfin, sur le constat que tous les fonctionnaires de l’Education nationale ne sont pas en présence d’enfants, l’AMRF  rappelle à Georges Tron « que les fonctionnaires dont il a la responsabilité ne sont pas systématiquement en présence dudit public. Mais chacun comprend qu’ils ont pourtant leur utilité à assumer leurs missions au quotidien », conclut-elle dans son communiqué. 

La FCPE, première fédération de parents d’élèves, avait elle aussi été indignée par la déclaration de Georges Tron et  avait rétorqué le 29 avril qu’il ‘en faudrait 180.000 de plus pour rivaliser avec le Danemark ». 
Sa pétition « De l’ambition pour l’Ecole! », lancée il y a deux semaines en ce sens, avait dépassé le 28 avril  les 13.000 signatures.

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