Testée dans 124 collèges et lycées en France, la démarche a « rencontré l’adhésion des équipes éducatives, des élèves comme des parents collèges cette année », aux dires du ministère de l’Education.
Les acteurs de l’éducation affichent pour leur part une certaine surprise : « C’est le genre de sujet dont on aurait aimé discuter avec le ministère, car nous sommes directement concernés. L’idée est belle, mais difficile à mettre en œuvre : les équipements sportifs sont déjà largement exploités. Sans parler des communes rurales, qui, souvent, en sont dépourvues ! Ce qui suppose d’amener les élèves sur les sites et qui va payer ces transports ? » demande Pierre-Yves Jardel, pour l’Association des maires de France (AMF).
Et Yves Fournel, du Réseau français des villes éducatrices, de prévenir : « Aujourd’hui, nos équipements sportifs sont déjà utilisés à plein, car les créneaux sont répartis entre les primaires, les établissements scolaires du second degré. A moins d’un plan d’investissement du ministère, nous allons au devant d’un réel problème ».
Avant l’annonce des conclusions de la Conférence – Selon l’évaluation menée par la direction générale de l’enseignement scolaire auprès des chefs d’établissement engagés, « la motivation et l’assiduité des élèves ont fortement progressé. En outre, le climat scolaire et les relations entre professeurs et élèves se sont notablement améliorés au sein des collèges et lycées concernés ».
L’extension est présentée comme une mesure respectant les rythmes de l’enfant. Mais elle intervient avant l’annonce officielle des conclusions de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires, attendues à la mi-juin.
« Nous nous étonnons de la période d’annonce de la poursuite de cette expérimentation, qui devait nourrir la conférence sur les rythmes scolaires, dont le rapport définitif devrait être remis à la mi-juin, car il s’agit bien ici d’une nouvelle organisation de la journée et donc d’une modification des rythmes scolaires.
En parallèle des états de la sécurité de l’école – Elle intervient aussi en parallèle des états de la sécurité à l’école, qui n’ont pas évoqué cette expérimentation », résume Anne-Sophie Benoit, présidente de l’Andev, qui souligne, par ailleurs, que l’organisation proposée ne respecte pas les préconisations des chronobiologistes.
« La question n’est pas de répartir la journée en séparant les cours le matin et le sport l’après-midi ; d’ailleurs, les pays qui avaient adopté ce rythme sont en train de l’abandonner. Certes, il existe une baisse d’attention vers 14h30/15h, mais ensuite, la tranche horaire entre 15 et 17h est à nouveau très favorable aux apprentissages. La question est donc d’organiser la journée scolaire en fonction des rythmes de l’enfant et ceci doit se faire en cohérence avec les travaux de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires. D’après les dernières dépêches, on s’orienterait vers une journée de cours de 5 à 6 heures maximum, dotée d’une solide pause méridienne : or, on imagine mal des matinées de 5 à 6 heures de cours ! », avance Yves Fournel, du Réseau français des villes éducatrices .
15 000 élèves concernés à la rentrée 2011 – A la rentrée prochaine, ce sont 250 établissements scolaires et 15 000 élèves qui devraient être concernés. Le principe du volontariat des établissements scolaires est maintenu. Mais le ministre souhaite que le dispositif concerne au premier chef les établissements en zone prioritaire.
L’Andev en appelle, de son côté à « rompre avec une réflexion morcelée et unilatérale une fois encore, et de se diriger vers une réflexion globale avec les collectivités locales, dans le cadre d’un Projet éducatif de territoire, qui dépasse le Projet éducatif local pour devenir un vrai projet de société ».
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