« L’ESS consiste en un certain nombre d’initiatives dispersées que l’opinion regarde avec sympathie mais considère comme des actions ponctuelles, fragmentées et essentiellement réparatrices d’ordre microéconomique et donc marginales ; elle en méconnaît leur force de transformation », insistait Claude Alphandéry lors de la séance inaugurale.
Pourtant, ces structures – associations, mutuelles, coopératives, entreprises sociales – « sont de véritables vigiles de la solidarité. Elles portent un autre regard sur la richesse et amorcent, incubent de nouvelles solidarités face à des Etats impuissants à réduire l’arrogance du capitalisme financier », a rappelé l’ancien résistant.
Amap, recycleries, crèches, finances éthiques… autant d’expériences du « produire, consommer, décider autrement », le mot d’ordre de ces Etats généraux.
« A cette condition nous parviendrons à une métamorphose sociale, économique et écologique de la société », a rappelé le philosophe Edgar Morin.
Propositions aux candidats à la présidentielle – Ces trois jours de manifestations festives, dont les sujets de débats entraient en résonance avec l’actualité de la crise grecque, des révolutions arabes et des manifestations espagnoles, auront-elles changé la donne ?
Peut-être, espèrent les organisateurs face au succès de la manifestation : 6 000 personnes sont venues alors que 3 000 étaient initialement attendues.
« Nous porterons aux candidats à l’élection présidentielles des propositions, notamment celles contenues dans les 400 cahiers d’espérance », a déclaré Claude Alphandéry.
En interne, le rassemblement et les travaux préparatoires avaient également comme but de mobiliser les branches diverses de l’économie sociale et de les réinterroger sur leur caractéristiques essentielles face aux structures publiques et lucratives : un projet économique au service de l’utilité sociale, une gouvernance démocratique et un ancrage territorial.
Et c’est sur la question des dynamiques de territoires qu’un « vaste travail doit être lancé, notamment pour créer des axes de coopérations entre structures de l’économie sociale en local », note au terme de ces trois jours Jean-Louis Cabrespines, le président du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCRES).
Pour une loi cadre – Pour accompagner cette reconnaissance dans le débat public, les acteurs de l’économie sociale et solidaire entendent également demander le vote d’une loi cadre en 2012.
« Une loi cadre qui soit aussi emblématique que la loi de 1901 sur les associations » espère, Claude Alphandéry.
« Accompagner l’innovation sociale »
Marie Guite-Dufay, présidente de la région Franche-Comté et présidente de la commission ESS à l’ARF
L’économie sociale et solidaire est une composante importante du tissu économique de nos régions que les conseils régionaux accompagnent dans des politiques de formation, d’aide à l’investissement, d’ingénierie financière. Mais aujourd’hui, il nous faut nous interroger sur les moyens de booster cette économie responsable qui porte avec d’autres l’innovation sociale. Comment l’accompagner pour qu’elle soit capable de répondre de manière efficace aux défis de la société ?
Pour cela, nous avons des partenariats nouveaux à défricher, notamment entre les conseils généraux et les conseils régionaux. Il faut inventer de nouvelles collaborations pour développer l’innovation sociale dans des secteurs pleins d’enjeux, comme l’aide à la personne.
Mais il faut aussi que les financements publics, qui soutiennent l’innovation comme Oseo, deviennent un levier pour soutenir l’innovation sociale et pas rester dans le seul champ technologique.
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