Elles sont réparties dans quatre champs d’action :
- renforcement de la place de l’art et des artistes, notamment en favorisant l’émergence artistique ;
- poursuite de la structuration de l’emploi artistique, par la création de troupes permanentes au sein des Centres dramatiques nationaux et des Centres chorégraphiques nationaux ;
- amélioration de l’irrigation des territoires et élargissement des publics (affirmation des missions territoriales des labels et des réseaux, mise en œuvre d’une politique d’itinérance et de reprises, nouvelle étape de développement des scènes de musiques actuelles labellisées) ;
- consolidation de la présence européenne et internationale (création de plusieurs bureaux spécialisés à l’étranger, constitution de Pôles européens de production).
Au total, ce plan en quatre volets représentera 12 millions d’euros pour la période 2011-2013. Selon le ministre, il passe par un certain nombre de mesures organisationnelles et procédurales, sans impact financier.
Les mesures nécessitant un financement seront mises en œuvre de façon progressive « pour atteindre un total de 12 millions d’euros de mesures nouvelles en trois ans, et 6,2 millions d’euros redéployés qui contribuent en partie au plan d’actions. »
Ces 6,2 millions d’euros, issus de rapprochements et de mutualisations de projets, iront dans « les régions les moins dotées : sur les 21 DRAC métropolitaines concernées, 12 régions obtiendront ainsi des moyens supplémentaires. »
Les annonces de Frédéric Mitterrand interviennent alors que la veille au soir, dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, le comédien David Lescot, avait pris la parole au nom des organisations professionnelles de salariés et d’employeurs du spectacle vivant et des arts visuels. Il avait lu un appel à un « grand rassemblement le 14 juillet à 16 h », le ministre étant présent lors de cette interpellation visant à « obtenir des engagements pour un plan de développement de l’art et de la culture et en particulier de la création. »
Les mesures phares des 4 volets
Concernant le volet « place de l’art et des artistes », les différentes mesures se traduiront par de nouveaux textes élaborés par la direction générale de la création artistique (DGCA), « avec les DRAC et les professionnels. » Les DRAC recevront à cet effet, 2,2 millions d’euros supplémentaires sur deux ans.
1 million d’euros seront affecté à un fonds de soutien à l’émergence et l’innovation, qui visera à soutenir des projets qui ne trouvent pas leur place dans les dispositifs d’aide existants.
Par ailleurs, le Centre national des écritures du spectacle (Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon) jouera un rôle de « tête de réseau » en matière de création numérique.
Pour le volet « structuration de l’emploi artistique », le ministère soutiendra les projets de création de troupes dans les centres dramatiques et chorégraphiques nationaux (CDN, CCN). D’abord expérimentale, cette mesure sera financée à hauteur de 1 million d’euros.
Dans le volet « irrigation des territoires et l’élargissement des publics », les arts circassiens et les arts de la rue feront l’objet de deux nouveaux labels : celui des Pôles nationaux des arts du cirque et celui des Centres nationaux des arts de la rue.
Ces structures seront dotées de nouveaux moyens à hauteur de 800 000 euros. De plus, 1 million d’euros sera affecté au soutien de la permanence artistique, avec notamment, l’encouragement à la création de troupes.
Dans le domaine de la danse, les Centres de développement chorégraphiques seront reconnus par l’Etat et feront l’objet d’un soutien financier de l’ordre de 300 000 euros.
Dans celui des musiques actuelles, les SMAC bénéficieront d’un plan sur 5 ans, doté de 2,4 millions d’euros. Chaque établissement recevra « une subvention annuelle minimale de 75 000 euros ». Le nombre de SMAC labellisées devrait passer de 70 à 100. Elles devront intensifier leur politique en faveur des jeunes.
Les Scènes nationales, quant à elles, sont invitées à développer leur action avec les acteurs de leur territoire. Le niveau plancher d’intervention du ministère sera porté à 500 000 euros. Celles qui ne l’atteignent pas seront mises à niveau. Soit 2,6 millions d’euros. Quatre nouvelles scènes nationales devraient être labellisées dans les deux années à venir.
Pour ce qui est du volet « présence européenne et internationale », six nouveaux bureaux spécialisés verront le jour en trois ans et viendront compléter ceux de Berlin et de Londres déjà existants. Pour accompagner ce développement, le ministère ajoutera 500 000 euros.
En outre, les Pôles européens de production et de diffusion (qui permet sur la durée d’exploitation d’un projet commun, le regroupement d’institutions culturelles en mutualisant les moyens de production et de gestion) devront commencer à voir le jour, avec 0,4 millions de crédits débloqués pour le soutien à la préfiguration des projets. Un « fonds d’aide à la reprise » sera créé pour soutenir la diffusion internationale.
Quelle place pour les collectivités ?
Selon le ministère de la culture, « la mise en oeuvre de ce plan d’action interviendra prioritairement dans le cadre d’une concertation avec les collectivités territoriales, acteurs majeurs de la vie culturelle et éléments moteurs au premier chef du développement culturel d’un territoire. La détermination des enjeux et des moyens pour progresser ensemble à l’échelle d’un territoire, sur l’ensemble du champ des politiques culturelles, tant en matière de création que d’enseignements artistiques, pourra être actée dans le cadre de conventions triennales, dont la première a été signée avec les collectivités du Languedoc-Roussillon en mai 2011. »




