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Spectacle vivant

Festival d’Avignon : que vont y faire les régions ?

Publié le 15/07/2011 • Par Hélène Girard • dans : A la une, France

Parmi les 969 compagnies qui se produisent en Avignon (Vaucluse) du 6 au 26 juillet 2011, beaucoup ne seraient pas là sans le soutien de leurs régions. Ces dernières trouvent divers prétextes pour intervenir, avec parfois des enveloppes financières importantes. Voici un tour d’horizon des pratiques, complété par un entretien audio avec Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin.

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L’intervention la plus répandue consiste à aider financièrement les compagnies pour couvrir leurs frais sur place (voyage, séjour, location d’espaces, frais de communication etc.)
Ainsi, la région Midi-Pyrénées soutient pas moins de 21 compagnies, avec une enveloppe de 150 000 euros.
La région Centre contribue également aux dépenses de six compagnies.
Même démarche pour la Bretagne, en faveur de Boris Charmatz directeur du Musée de la danse de Rennes et du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, pour son spectacle « Enfant » (25 000 euros) et de deux chorégraphes finistériens Mikaël Phelippeau et Gaël Sesboüé (25 000 euros). Tous ces artistes bretons figurent au programme de « in » en qualité d’artistes invités. La ville de Rennes, associée cette année à la région Bretagne, complète ce soutien avec une opération de communication de l’ordre de 5000 euros.

Mettre une salle à disposition – Autre angle d’intervention : la mise à disposition d’une salle par la collectivité. Tel est le choix de la région Champagne-Ardenne, dont l’ l’Office régional culturel (ORCCA) loue depuis plusieurs années la Caserne des pompiers, un des lieux de diffusion avignonnais, pour y présenter une sélection de spectacles créés sur son territoire. Les artistes fraîchement diplômés de l’Ecole supérieure nationale des arts de la marionnette (Charleville-Mézières) y tiennent l’affiche aux côtés cinq compagnies de théâtre et de danse. Coût de l’opération pour la région : 139 000 euros, frais techniques compris.
A cela s’ajoutent 97 000 euros via l’ORCCA destinés aux frais de communication et aux manifestations officielles.

Cibler jeunes, lycéens ou apprentis- Par ailleurs, beaucoup de régions profitent de la présence de leurs compagnies sur place pour monter une opération en direction des jeunes, lycéens ou apprentis, qu’elles invitent à venir voir des spectacles présentés au Festival et à rencontrer les artistes et les professionnels, dans une perspective d’initiation culturelle et de découverte des métiers du spectacle vivant.
Des élus régionaux de Midi-Pyrénées accompagnent ainsi des lycéens qui visitent plateaux techniques, expositions, musées.
Ces jeunes rencontrent aussi des troupes pour participer à des ateliers artistiques, et assistent à plusieurs spectacles du Festival « In ».
Champagne Ardennes, pour sa part, accueille sur place 66 lycéens et apprentis, sélectionnés sur appel à candidature avec le Rectorat de Reims. Soit une enveloppe de 30 000 euros.
A l’instar de ses homologues, la Bretagne emmène une quarantaine de jeunes au Festival, pour un coût de 15 000 euros. En amont, la région a invité des lycéens à rencontrer Boris Charmatz, dans le cadre de la préparation de son séjour avignonnais, largement financé par la collectivité.
Quant à la région Centre, elle fait de même avec 20 lycéens et 11 membres du réseau Culture du Cœur (1), auxquels elle a fait découvrir le travail du comédien et metteur en scène Arthur Nauzyciel, également directeur du Centre dramatique national d’Orléans (Loiret), avant de les inviter à l’accompagner à Avignon jusqu’au 26 juillet.

Organiser des débats- Depuis quelques années, certaines régions cherchent de nouvelles modalités de participation au Festival. Avec, par exemple, l’organisation de débats.
C’est le cas de Champagne Ardenne : l’ORCCA a organisé le 13 juillet un débat intitulé « la compagnie, acteur responsable de son développement », pour mettre en lumière la nécessaire évolution des relations entre artistes, programmateurs et élus, pour sortir de « la crise traversée par le système de production, de reconnaissance et de diffusion des œuvres». 
Autre innovation celle de la région Centre, qui, pour la 2ème année consécutive, met en place un site web dédié, avignon.regioncentre.fr, initiative portée par l’association Labomedia, en partenariat avec Culture O Centre.
Ce site diffuse des informations en direct mises en forme par des journalistes, des vidéastes et des artistes.
De son côté, la Bretagne, associée cette année à la ville de Rennes, Rennes ont choisi, cette année, de faire savoir, sur place, combien la scène bretonne était vivante et créative », peut-on lire dans le programme rédigé par les collectivités. Ces dernières entendent surfer sur la vague bretonne qui a déferlé parmi les artistes invités du festival « in », à savoir Boris Charmatz et deux autres chorégraphes bretons, Anne-Karine Lescop et François Verret.
Les élus locaux revendiquent également « un lien fort » avec Etienne Daho, auteur-compositeur-interprète issu du rock rennais et programmé dans le « in », avec « Le condamné ».
Sans parler des artistes du Théâtre des Lucioles, créé en 1994 avec le soutien de la région, de Rennes et de l’Ille-et-Vilaine et dont deux spectacles sont également programmés dans le « in ». Tous y ont « grandi, vécu, créé ou travaillé », s’enorgueillissent les deux collectivités, qui communiquent donc avec vigueur sur la vitalité de la danse et des « expérimentations chorégraphiques » sur leurs territoires, tant dans leur dimension patrimoniale (soutien à l’inscription du fest-noz au patrimoine mondial) que dans la création contemporaine.

« Notre effort pour le spectacle vivant s’élève à 4,2 millions d’euros par an », rappelle Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin

Le conseil régional du Limousin débourse 27 000 euros pour aider 6 compagnies à se produire au Festival d’Avignon.
5 sont à l’affiche du « off », 1 participe au « in ».
Jean-Paul Denanot, président (PS) du conseil régional, explique à La Gazette.fr, pourquoi sa collectivité assume cette dépense, et, plus globalement, en quoi consiste sa politique de soutien aux artistes.

Le spectacle vivant se caractérise actuellement par une production importante, mais une assez faible circulation des oeuvres. Dans un tel contexte, que représente Avignon pour les régions ?

 

Hormis Avignon, comment votre région aide-t-elle les compagnies à se produire ailleurs que sur les scènes limousines ?

Globalement, comment appréciez-vous la situation du spectacle vivant ?

Notes

Note 01 structure aidant les personnes en situation de précarité à accéder aux activités culturelles Retour au texte

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Commentaires

Festival d’Avignon : que vont y faire les régions ?

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ALIMAS

16/07/2011 10h37

(09A311A01). QUE VONT Y FAIRE LES RÉGIONS ? MAIS AUSSI LES COMMUNES, LES DÉPARTEMENTS, ETC. Vous posez là, le questionnement relatif à la dilution des compétences au sens du vouloir, savoir et pouvoir (QQOQC-CP) : Qui, Quoi, Où, Quand, Comment-Combien et Pourquoi ? L’aspect positif des subventions publiques à la création, développement, production et diffusion de spectacles vivants sont aujourd’hui «traditionnellement», nécessaires à la survie du monde du spectacle (constitué d’une majorité d’intermittents du spectacle), car sans ces aides, ils seraient condamnés aux critères du marché qui en éliminerait les ¾. Quand vous écrivez : «Que vont y faire les régions ? …», vous auriez pu de la même façon écrire : Que vont y faire les communes ? Les départements ? Etc. … Il faut savoir que ces évènements sont aussi des tribunes électoralistes qui contribuent à garder un volant d’électeurs potentiels, reconnaissants …! Quand un projet est subventionné par la région, y a-t-il une procédure croisée, mutualisant l’actuelle dilution des compétences, des ressources matérielles et ressources humaines, pour la constitution de dossiers traitant des mêmes besoins, pour les mêmes demandeurs de subventions entre l’État, la région, les départements, les communes, les communautés d’agglomération, les intercommunalités, etc. … ? Cette dispersion des compétences du millefeuille n’est pas propice à la réduction des dépenses. Cela laisse entrevoir les gaspillages, les choix électoralistes, etc. …! J’espère que la (RGPP) : Révision Générales des Politiques Publiques, va réformer la mutualisation et la répartition des compétences et des ressources.

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