Quelles sont les projections démographiques du vieillissement ?
Les démographes observent le vieillissement de la population en identifiant la proportion de personnes de plus de 60 ans ou de plus 65 ans dans la population générale.
Selon les projections de l’Insee, la France comptera 73,6 millions d’habitants en 2060, soit 11,8 millions de plus qu’aujourd’hui. La part des plus de 80 ans augmentera également. Cette augmentation est liée au vieillissement de la génération du baby-boom et à l’allongement de l’espérance de vie. Elle devrait avoir lieu en particulier entre 2026 et 2054, avec l’arrivée à cet âge des générations du baby-boom, nées entre 1946 et 1974.
La part des 60 ans ou plus dans la population va augmenter jusqu’en 2035, passant de 23% à 31%, ce qui correspond au passage à 60 ans de toutes les générations du baby-boom. Après 2035, elle devrait continuer à croître à un rythme plus modéré ; son évolution sera fonction du taux de mortalité, pour laquelle plusieurs scénarios sont envisagés (lire ci-dessous).
Les plus 75 ans étaient 5,2 millions en 2007 (8,9% de la population). En 2060, ils seraient 11,9 millions (16,2% de la population). Et les 85 ans et plus passeraient de 1,3 à 5,4 millions en 2060, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui.
Quelle est l’espérance de vie en France ?
En France, en 2008, selon l’Insee, l’espérance de vie à la naissance était de 84,3 ans pour les femmes et de 77,6 ans pour les hommes. L’espérance de vie en bonne santé, c’est-à-dire sans limitation d’activités, était estimée à 64,2 ans pour les femmes et à 62,4 ans pour les hommes.
Qui est concerné par l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ?
En 2010, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) était perçue par 727 000 personnes, pour un coût de 3,4 milliards d’euros. La répartition de l’APA montre que, globalement, la population française vieillit en bonne santé. En effet, les personnes âgées de 60 à 75 ans ne représentent que 8 % des bénéficiaires de l’APA, contre 63 % pour celles âgées de 95 ans.
Source : Drees
Qui sera concerné par la dépendance ? Les trois scénarios possibles
Si l’espérance de vie sans dépendance est toujours en augmentation, cette dernière n’est pas aussi rapide que celle de l’espérance de vie.
Les groupes de travail ont néanmoins souligné l’absence de tendances claires sur l’évolution du taux de dépendance, ainsi que de connaissances précises sur les différents déterminants de la dépendance et de leur évolution. Les discussions ont donc abouti à trois hypothèses. Les écarts entre les scénarios sont faibles jusqu’en 2030, puis s’accentuent jusqu’en 2060.
Hypothèse pessimiste
Les incertitudes sur les évolutions de la dépendance ont amené le groupe de travail à envisager l’hypothèse d’une stagnation de la fréquence de la dépendance modérée (GIR 3 et 4) à chaque âge, et d’une stabilité de la durée de vie passée en dépendance lourde (GIR 1 et 2).
Dans cette hypothèse, l’espérance de vie sans dépendance augmente moins vite que l’espérance de vie globale. Le nombre de personnes âgées dépendantes en France métropolitaine serait ainsi de 1 700 000 en 2030, et de 2 700 000 en 2060.
Hypothèse intermédiaire, dite « neutre ».
Dans cette hypothèse, les gains d’espérance de vie concernent autant l’espérance de vie sans dépendance que celle avec dépendance. La part d’espérance de vie sans incapacité dans l’espérance de vie à 65 ans reste stable, alors que l’espérance de vie globale augmente.
Dans cette hypothèse, le nombre de personnes âgées dépendantes en France métropolitaine serait multiplié par 1,4 entre 2010 et 2030, passant de 1 150 000 à 1 550 000 personnes. Il serait multiplié par 2 entre 2010 et 2060, passant de 1 150 000 à 2 300 000.
Hypothèse optimiste
Le groupe de travail a envisagé l’hypothèse prédominante dans les études passées, où l’allongement de l’espérance de vie correspond à des gains d’espérance de vie sans incapacité.
C’est la borne inférieure des projections. Dans cette hypothèse, le nombre de personnes âgées dépendantes en France métropolitaine serait de 1 400 000 en 2030, et de 1 850 000 en 2060.
Quel est le niveau des dépenses publiques en faveur des personnes dépendantes ?
La dépense publique en faveur des personnes âgées dépendantes est évaluée, en 2010, à environ 24 milliards d’euros, soit près de 1,3% du PIB. Le taux de couverture publique de la France est supérieur de 0,2 point de PIB à la moyenne européenne.
L’effort public consacré à la prise en charge de la dépendance est principalement financé par l’assurance maladie et, dans une moindre mesure, par les départements et l’État.
Les caisses de sécurité sociale sont en effet de loin les principales contributrices à la prise en charge de la dépendance, avec des dépenses d’environ 15 milliards d’euros (62% de la dépense).
Viennent ensuite les collectivités locales, en particulier, les départements : 5 milliards d’euros.
La CNSA vient compléter les financements apportés par les départements et les caisses de sécurité sociale : 2,7 milliards d’euros.
De son côté l’État intervient par le biais des dépenses fiscales, évaluées à 644 millions d’euros. Il finance également les dépenses liées à l’APL (aide personnalisée au logement) et à l’ALS (allocation de logement à caractère social), pour un montant de 406 millions d’euros en 2010.
Références
- Dépendance : clarification sur certaines idées reçues, 24 juin 2011
- Le dossier de La Gazette Santé Social Dépendance : le débat continue




