A la question « qui est le mieux placé pour améliorer la cohésion sociale ? », l’Etat recueille 35 % des réponses, les communes 12 %, et, départements et régions réunis, 9 %.
Soit un total de 65 % pour « les pouvoirs publics ».
De quoi laisser perplexes les services sociaux municipaux et les centres communaux d’action sociale (CCAS), tout comme les services de la solidarité dans les conseils généraux.
Faut-il y voir une communication insuffisante ? Peut-être.
Complexité en cause – Les analystes du Crédoc avancent aussi une autre explication : « la complexité » des dispositifs sociaux qui rend illisible, pour le citoyen, le rôle des différents niveaux de collectivité.
Concernant l’attachement des Français au territoire, la palme revient, d’un côté, à l’Etat (« la France », 36 %), et, de l’autre, à la commune (25 %), loin devant la région (13 %), et le département (6 %).
Autre enseignement : les Français dressent un constat sévère de la cohésion sociale. 83 % d’entre eux l’estiment insuffisante (« pas très forte » : 55 %, « pas du tout forte » : 28 %).
Pour eux, la principale cause de fragilisation du lien social réside dans l’individualisme (31 % des réponses), devant les discriminations (15 %) et le chômage (13 %).
En outre, 53 % des personnes interrogées assignent une priorité aux pouvoirs publics : l’emploi. Suivi du logement (37 % des réponses) et de l’éducation (25 %).
Forte de cette première photographie, la DGCS compte renouveler les prises de vue d’année en année. Un contrat a été signé en ce sens avec le Crédoc pour 3 ans.
« Nous cherchons à savoir comment la population perçoit et comprend la cohésion sociale, a souligné sa directrice, Sabine Fourcade. Nous construisons des critères de perception et de résultats. L’objectif de notre action, c’est la prise en charge des publics fragiles, mais aussi le développement des liens sociaux inter-individuels ».
La DGCS esquisse une autocritique
« Nos politiques sont trop cloisonnées, trop segmentées. Nos services ont du mal à intégrer que lorsque nous parlons de différents types d’intervention, nous retrouvons souvent les mêmes personnes. De ce fait le même usager concerné par différentes interventions ne voit pas forcément la cohérence de notre action », a convenu la directrice générale de la cohésion sociale, Sabine Fourcade, en introduisant la présentation de l’enquête du Crédoc.
Références
Baromètre de la cohésion sociale, collection des rapports, n°275




