Pour les associations et spécialistes, la situation du logement n’a jamais été aussi désastreuse :
- hausse constante du nombre de sans abri – notamment des familles avec enfants – du fait de la crise économique,
- femmes renonçant à quitter leur mari violent faute de perspectives d’hébergement,
- travailleurs pauvres toujours plus nombreux à dormir dans leur voiture,
- familles hébergées une semaine sur quatre,
- logements insalubres,
- travailleurs sociaux désespérés de ne plus pouvoir mener à bien leur mission…
La mobilisation, qui aura lieu à Paris et dans plusieurs villes de province, est le fruit du regroupement inédit de tous les mouvements sociaux concernés par les questions de logement et d’hébergement : sans-logis mobilisés, associations, salariés de l’urgence sociale, syndicats, collectifs locaux et coordinations nationales.
Vaste tromperie – Tous entendent dénoncer l’aggravation de la situation actuelle et la surdité du gouvernement. « François Fillon nous répond qu’on n’a jamais autant construit que ces dernières années et Benoît Apparu que le budget de l’hébergement se porte plutôt bien, résume Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre. Mais ces chiffres n’ont aucun sens, puisque dans le même temps les expulsions, la précarité des ménages et les prix de l’immobilier explosent ».
La politique du logement d’abord ? Tous l’ont soutenue dans son principe – puisqu’il s’agit de dire qu’il faut privilégier le logement durable à l’hébergement – mais n’y voient plus aujourd’hui qu’une vaste tromperie. « Le logement mis en avant par le gouvernement n’existe pas et les crédits pour l’hébergement n’augmentent pas, alors même que nous recevons environ dix nouvelles familles par semaine sur le 115 du Val d’Oise », souligne la travailleuse sociale Nathalie Rouxel.
Aberrations – Même constat au Samu social de Paris, qui a même subi cette année d’importantes restrictions budgétaires sur l’hébergement des familles. « Nous avons dû appliquer des quotas », ajoute Maéva Espinas, salariée du pôle famille du Samu social.
En outre, la mise en oeuvre de la logique du logement d’abord conduit à des aberrations. « Dans le Val d’Oise, 12 personnes ont pu sortir cet été de l’hébergement temporaire en bénéficiant d’un Solibail, mais on nous a retiré autant de places d’hébergement, alors même que nous en manquons cruellement », poursuit Nathalie Rouxel.
Des revendications précises – Par-delà leurs différences de sensibilité, les organisateurs de la manifestation de jeudi 10 novembre se rassemblent autour de plusieurs revendications fortes :
- la mise en oeuvre du droit à l’accueil inconditionnel de toute personne sans-abri,
- la garantie d’un accompagnement social global,
- le respect des lois DALO et SRU,
- la mobilisation des logements et locaux vides,
- un moratoire sur les expulsions et une politique de prévention des expulsions,
- la réalisation massive de logements sociaux et,
- une vraie politique de régulation des loyers, de l’immobilier et du foncier.




