Dans son rapport sur «le développement de l’offre d’accueil de la petite enfance», remis au premier ministre le 23 juillet 2008, Michèle Tabarot, députée-maire (UMP) du Cannet (Alpes-Maritimes), préconise de transférer la procédure d’agrément des assistantes maternelles et des structures collectives aux communes qui le souhaitent, recentrant la Protection maternelle et infantile (PMI) sur sa fonction de contrôle.
Un rôle de gendarme que les médecins de PMI ne sont pas prêts à endosser : «Je suis atterrée par la vision rétrograde que donne ce rapport de la PMI, s’indigne Christine Bellas Cabane, vice-présidente du Syndicat national des médecins de PMI (SNMPMI). Nous y sommes dépeints comme une police sanitaire, sans souci éducatif de l’enfant.» Un portrait que la vice-présidente réfute en bloc : «Au moment de l’agrément, notre principale mission, au-delà des aspects sanitaires, porte justement sur l’évaluation des qualités éducatives et relationnelles des assistantes maternelles», précise-t-elle. Une période d’agrément qui permet de tisser les liens indispensables au travail de suivi, car pour Christine Bellas Cabane, «il est plus facile de faire évoluer la conception du travail dans la continuité, plutôt que par la peur du gendarme.»
Quant à confier l’agrément des assistantes maternelles et des crèches aux communes, la vice présidente du syndicat ne cache pas son scepticisme : «Mme Tabarot souligne les disparités qui existent entre départements concernant les avis d’ouverture. Ne seront-elles pas encore plus grandes entre communes ? Et comment les mairies résisteront-elles aux pressions des parents qui réclameront des agréments rapides ?» Pour le syndicat, cette préconisation risque de multiplier les conflits d’intérêt, au détriment de la qualité d’accueil de l’enfant.
Pour en savoir plus
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