Neuilly-sur-Seine est la commune la plus inégalitaire en termes de revenus parmi les plus grandes villes de France, selon l’étude de l’Observatoire des inégalités, une association fondée en 2003. Au classement établi selon l’indice de Gini (1) suivent, dans l’ordre, Paris, Roubaix puis Perpignan, Béziers, Mulhouse, Nîmes, Strasbourg, Lille et Marseille.
Au palmarès des villes les plus égalitaires en revanche : Saint-Nazaire, Pessac puis Antony, Quimper, Brest et Dijon.
Différentes formes pour l’inégalité – « Même si ces données ne prennent pas en compte les prestations sociales, notre classement permet d’établir qu’il existe des villes très pauvres où il reste tout de même des personnes riches, comme à Roubaix », explique Louis Maurin, rédacteur en chef de l’Observatoire des inégalités. « Notre étude montre aussi que certaines communes comptent très peu de pauvres et peu de très très riches, comme Antony », ajoute-t-il.
Cette étude met en effet en évidence que les inégalités ne revêtent pas la même forme partout. La France compte des villes très aisées où des habitants plus modestes se maintiennent, et des communes plus pauvres où une population riche continue d’habiter.
L’observatoire a également étudié les écarts de revenus. Or, Neuilly-sur-Seine apparaît aussi dans le classement des dix premières villes où l’écart entre les revenus mensuels maximum des 10 % les plus modestes et les revenus minimum des 10 % les plus riches est le plus élevé.
Ainsi, les personnes les 10 % les plus riches de Neuilly perçoivent près de 11 fois plus que les habitants les plus modestes.
L’indicateur du niveau de vie médian est également intéressant : les dix villes où le revenu médian mensuel est le plus élevé sont aussi celles où les riches sont les plus riches. Neuilly-sur-Seine, par exemple, affiche 3 656 euros, et Boulogne-Billancourt 2 508 euros.
Mesurer le degré de ségrégation entre les quartiers – « Comme le souligne Hervé Guéry, directeur de l’entreprise Compas, dans une interview à Alternatives économiques, le fait qu’il existe des inégalités n’est pas forcément en soi mauvais signe. Cela signifie que des populations différentes cohabitent au sein d’un territoire. Mais il faudrait essayer, pour chaque ville, de mesurer le degré de ségrégation entre les quartiers », insiste Louis Maurin.
Et pourquoi pas, propose-t-il, un grand débat public annuel sur les inégalités. Un sujet difficile à aborder puisqu’il faudrait se poser davantage la question de l’accroissement de la péréquation entre villes pauvres et villes riches…
Les données pour l’ensemble des grandes villes étudiées par l’Observatoire des inégalités
Thèmes abordés
Notes
Note 01 L'indice de Gini compare l’état de la répartition des revenus à une situation théorique d’égalité parfaite. Plus il est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité (tous les individus ont le même revenu). Plus il est proche de un, plus on est proche de l’inégalité totale (un seul individu reçoit tous les revenus). Retour au texte




