Le Conseil national des économies régionales (CNER) s’est penché, à l’occasion d’un colloque qui s’est tenu mardi 22 novembre, sur les liens entre l’enseignement supérieur et les territoires, que Pascal Allizard, président du CNER, président de Calvados Stratégie et vice-président du conseil général du Calvados a qualifié d’emblée « d’insuffisants ».
70 milliards pour les projets d’excellence – Le programme des investissements d’avenir (PIA) impulsé par l’Etat en 2010 a été largement évoqué puisque les 2/3 de ces investissements seront consacrés à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation. « Ce sont 35 milliards d’euros, soit près de 70 milliards si on compte sur l’abondement, pour le même montant, du privé, qui seront injectés dans des projets d’excellence dans les territoires entre 2011 et 2014 » a rappelé Catherine Mayenobe, directrice de la programmation investissements d’avenir à la CDC.
« Sur ces 35 milliards, 19 vont à l’enseignement supérieur et à la recherche » a-t-elle précisé.
Des dispositifs nouveaux sont en voie de création dans les territoires, comme les Sociétés d’accélération du transfert de technologie (SATT), les plates-formes mutualisées d’innovation, ou les fonds d’amorçage.
« Les modalités d’interventions des régions dans ce domaine sont nombreuses » a tenu à rappeler Laurent Beauvais, président de la Commission Enseignement supérieur, recherche et innovation à l’Association des régions de France (ARF), qui a estimé à « un milliard d’euros le montant apporté par les régions, soit plus que la dotation de certaines agences nationales. Les régions interviennent dans l’entretien ou la construction des bâtiments, les équipements scientifiques, les formations supérieures, les ressources humaines à travers les allocations de recherche, les conditions de vie des étudiants, etc. ».
Une contractualisation Etat-régions-universités – Dénonçant le « mille-feuille illisible des dispositifs dans le domaine de la recherche », Laurent Beauvais a aussi dénoncé les « interventions directes de l’Etat dans ce domaine, qui balayent les contrats de projets Etat-régions ». C’est pourquoi, il a préconisé « des contractualisations Etat-région-université ».
Enfin, répondant à Valérie Malnati, directrice adjointe du Pôle territorial au Commissariat général à l’investissement, qui a souligné que le PIA « n’est pas un outil d’aménagement du territoire car il n’est pas dans une logique de compensation ou de péréquation des projets, mais dans un souci de faire émerger les meilleurs », Laurent Beauvais a regretté « le manque d’indicateurs de ces investissements d’avenir et de leur impact sur les territoires ».




