« Réussir à l’école, un enjeu au cœur des politiques locales », tel était le thème du Congrès annuel de l’association nationale des directeurs d’éducation des villes (Andev) qui avait lieu à Nîmes du 30 novembre au 2 décembre.
« Notre congrès a failli s’intituler « les politiques locales au secours de la réussite scolaire, explique la présidente de l’Andev, Anne-Sophie Benoit. Cela a fait l’objet d’âpres débats au sein de notre comité directeur car nous voulions interpeller l’Education nationale. L’école ne peut répondre seule aux injonctions de réussite scolaire pour tous. Elle a besoin des collectivités locales. Or elle est encore trop souvent sanctuarisée, et fermée à l’idée de partenariat. »
Pour l’Andev, l’Education nationale ne reconnaît pas suffisamment les niveaux d’intervention des autres acteurs éducatifs locaux. Un point de blocage qui freine la construction d’une politique éducative concertée et adaptée aux réalités du territoire.
« La réussite scolaire ne saurait se limiter à l’action scolaire, martèle Anne-Sophie Benoit. Elle doit intégrer toutes les formes d’actions et s’étendre au bien-être, à l’épanouissement, au cadre de vie, sur tous les temps qui impliquent les collectivités locales. »
Enquête nationale – Les résultats de l’enquête nationale que l’Andev a conduite auprès des directeurs et responsables de l’éducation des communes et des inspecteurs de l’éducation nationale (IEN), viennent illustrer ce constat.
Si ces deux catégories d’acteurs s’accordent sur l’impact positif des communes sur la réussite scolaire et si l’envie de travailler ensemble est bien réelle de part et d’autre, les quelques divergences de points de vue que pointe l’enquête montrent à quel point ces deux mondes gagneraient à se connaître davantage.
Pour 75 % des IEN interrogés, la réussite scolaire est une préoccupation centrale. Cette proportion tombe à 41 % pour les directeurs et responsables de l’éducation, pour qui la « réussite éducative » occupe une place presque aussi importante que la « réussite scolaire » dans le classement de leurs priorités.
Les communes peuvent mieux faire selon les IEN – Concernant la mobilisation des ressources humaines et financières des communes en faveur de la réussite scolaire, les directeurs et responsables d’éducation estiment que ces ressources sont fortement mobilisées sur les trois temps de l’enfants : temps scolaire, périscolaire et extra-scolaire, tandis que les IEN jugent que les communes peuvent mieux faire.
Pour 68 % des directeurs d’éducation, le principal obstacle à la transversalité des questions éducatives est leur absence d’accès aux projets d’école.
Le fait que le projet d’école ne soit pas partagé est une source de malentendus avec l’Education nationale, relève l’étude. Or, pour 70 % des IEN, ce dernier est un levier qui permet d’accroître la transversalité des questions éducatives.
Sensibiliser davantage les agents municipaux – Autre point de divergence très surprenant : la sensibilisation à la réussite scolaire des agents municipaux intervenant à l’école représente un obstacle à la transversalité des questions éducatives pour 55 % des IEN, tandis qu’il s’agit d’un point d’appui pour 60 % des directeurs et responsables de l’éducation.
Enfin, un désaccord qui en dit long sur le regard croisé des institutions : le temps de la restauration scolaire, que nombre de communes revendiquent comme un temps de vie agréable et complet permettant d’assurer l’éducation au goût des enfants, est considéré par 89 % des IEN comme étant avant tout un service de garde pour les familles qui travaillent.
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