« Lutter contre ce type d’exclusion constitue l’un des leviers possibles et probablement essentiels de la lutte contre la précarité », a expliqué notamment François Soulage, président du Secours Catholique.
Environ 5 millions de Français (bénéficiaires de minima sociaux, jeunes, personnes âgées, travailleurs pauvres, mais aussi ménages surendettés, etc.) seraient concernés par des problèmes d’accès au crédit, à un compte dans la banque de leur choix, à un conseiller personnel, etc.
« Il existe des difficultés d’accès à un usage serein des services bancaires. Il suffit de dépasser d’un euro son droit à découvert pour avoir 9, 10 ou 15 euros de pénalités. Il n’est pas rare de rencontrer, dans les CCAS, des allocataires de minimas sociaux qui versent 100 voire 150 euros de pénalités par mois », a témoigné Patrick Kanner, président de l’Unccas.
Les conséquences de ces difficultés sont importantes, a insisté Jean-François Mattéi, président de la Croix-Rouge :
- « diminution du reste à vivre chez des personnes dont les revenus sont extrêmement faibles,
- renoncement à élaborer le moindre projet,
- ‘mal-endettement’,
- et mal-être personnel et familial. »
Certification des banques – Des politiques publiques ont certes été mises en œuvre. Mais le problème, a souligné François Soulage, est qu’elles ont été consacrées à l’accès à un compte bancaire.
Ces associations et l’Unccas proposent donc de mettre en place un système de certification des banques qui font évoluer leurs pratiques.
Les indicateurs seraient définis en concertation par un institut indépendant, comprenant des représentants des banques, des associations et des collectivités territoriales.
« Il travaillerait sur des données rendues disponibles par les banques, et serait financé par le Fonds de cohésion sociale. Ce qui ne nécessiterait qu’un petit bout de texte de loi », a indiqué François Soulage.
« Nous travaillons pour qu’une fois le nouveau gouvernement en place, notre proposition soit prête et fasse l’objet d’une ligne concernant le Fonds de cohésion sociale dans la prochaine loi de finances rectificative », a-t-il aussi précisé.
La liste des établissements certifiés serait publique, et l’engagement dans la démarche fonctionnerait sur la base du volontariat.
De l’éthique dans les appels d’offres – Les associations souhaitent en outre que cette dimension éthique soit incluse dans la commande publique, que les banques actives dans le domaine de l’inclusion bancaire puissent bénéficier « d’un avantage réel » lors des appels d’offres des organismes publics.
Il est enfin primordial de repenser l’accompagnement des personnes concernées. Le manifeste propose :
- « d’apporter une réponse globale et personnalisée en matière de prévention et de traitement du surendettement ;
- de recenser les bonnes pratiques sur les territoires permettant la détection le plus en amont possible des difficultés financières,
- et de déployer de larges programmes d’éducation budgétaire et financière ».
« Le débat actuel sur la fraude aux prestations sociales serait peut-être de moindre envergure si on mettait en œuvre ce que nous préconisons », a conclu Patrick Kanner.




