Le service téléphonique est animé par « des téléconseillers spécialement choisis et formés », a assuré Marc Missud, représentant de la Direction de l’information légale et administrative (Dila), chargée de la mise en œuvre.
« L’objectif est de parvenir à 150 à 300 000 appels en 2012, et 400 000 en 2013 », a aussi expliqué la ministre de la Formation professionnelle, Nadine Morano.
Il était important d’agir selon Jean-Robert Pitte, Délégué à l’information et à l’orientation (DIO) : « Aujourd’hui, l’usager est perdu dans un maquis de numéros de téléphone et d’informations. »
Réseaux locaux – Le site internet a pour sa part été réalisé par le Centre pour le développement de l’information sur la formation permanente (Centre-inffo).
« Ce sont les régions qui offrent l’ensemble des informations sur les métiers et l’orientation, précise Jean-Paul Denanot, président (PS) de la région Limousin et de la commission formation de l’Association des régions de France (ARF), interrogé par la Gazette. Le niveau national ne fait que collecter. Il est estimable d’avoir réussi à réaliser un site national, mais les gens vivent sur les territoires et il est assez peu probable qu’ils pensent spontanément à appeler ce numéro. Ce sont les relais locaux qui sont importants, car les jeunes ne sont pas très mobiles. »
Côté financement, ça coince aussi pour Jean-Paul Denanot. Le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) finance à lui seul en effet le service public de l’orientation, à hauteur de 1,5 million d’euros en 2011… alors que 5 millions annuels étaient en principe prévus.
« Une fois de plus, l’Etat fait son marché pour financer un outil de communication, alors qu’il s’agit de l’argent des entreprises. Et comment révolutionner le système de l’orientation avec 1,5 million d’euros ? »
« L’orientation reste le maillon faible de notre système éducatif, rappelle-t-il. Il y a notamment un vrai travail à faire pour permettre à tous les jeunes de se confronter de manière plus importante aux voies technologiques et professionnelles ».
Au moins 350 sites labellisés – La ministre et le DIO ont aussi fait le point sur un autre volet de la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, qui prévoit la labellisation de sites qui rassemblent en un même lieu les différents acteurs de l’orientation.
Le gouvernement a identifié 350 bassins d’emplois et « l’objectif est de labelliser au moins un site par bassin », a précisé Nadine Morano.
Seule la Cité des métiers de Marseille a été labellisée, mais d’autres structures devraient suivre. « 13 régions sont très bien avancées » selon Nadine Morano. Ce serait le cas de la Bretagne, de Rhône-Alpes, de la Lorraine, et de Haute et de Basse-Normandie notamment.
Oeuvre collective – « Le système de labellisation dépend des régions, a aussi expliqué Jean-Robert Pitte. L’Ile-de-France, par exemple, est composée de zones très densément peuplées mais aussi d’autres très rurales. Et certaines régions veulent prendre des précautions pour que personne ne se sente exclu ».
L’orientation « est une œuvre collective, où de nombreux acteurs peuvent être actifs : professeurs, élus, chambres consulaires, etc. », rétorque Jean-Paul Denanot.
Pour lui, la labellisation de lieux uniques « n’apporte rien de nouveau ». Selon le président de la commission formation de l’ARF, « tout le système d’orientation est à revoir. Et en formation initiale comme en formation tout au long de la vie, l’Etat est relativement déficient. Au niveau des postes de conseillers d’orientation psychologues par exemple, qui sont au nombre d’un pour 1 500 élèves seulement… »




