« Cette réforme (déployée depuis 2009, ndlr) bouscule tout le monde, associations, services de l’Etat, bailleurs sociaux, dans nos habitudes collectives », a déclaré M. Apparu. « Certains trouvent parfois qu’elle va trop vite et que ce travail à marche forcée est un risque pour sa réussite (…) Je suis convaincu de l’inverse. Pour moi, nous n’allons pas assez vite » pour « changer la vie » des personnes sans domicile, a-t-il ajouté.
Grogne des professionnels – Ces assises, organisées le 9 décembre 2011 à l’Assemblée nationale, doivent permettre de « passer de la théorie à la pratique », a-t-il encore dit. Il a assuré qu' »il n’y aura pas de coupes budgétaires » dans le secteur de l’hébergement au profit de ces logements pérennes, qui sont « complémentaires ». Benoist Apparu avait annoncé en août la tenue de ces assises, déclinées en régions à l’automne, en réponse à la grogne des professionnels de l’hébergement d’urgence qui dénoncent des restrictions budgétaires.
Le député (UMP) des Yvelines Etienne Pinte, président du Conseil national de lutte contre l’exclusion (CNLE), a lui aussi appelé à ce « que ce chantier avance à un rythme aussi rapide que possible », tout en soulignant qu’il « ne pourra être une réussite si le nombre de logements n’est pas suffisant ».
Manque de places d’hébergement – Les professionnels sont critiques sur la méthode employée par le gouvernement, qui réduit, selon eux, le nombre de places en hébergement sans que suffisamment de logements pérennes soient disponibles. Benoist Apparu a de nouveau assuré que le nombre de places d’hébergement avait augmenté de 27% depuis 2007, pour atteindre les 116.000.
Sous-location – Le « Logement d’abord » est déployé via notamment le dispositif Solibail, dans lequel une association loue des logements auprès de particuliers pour les sous-louer à des familles sans domicile qu’elle accompagne. A fin octobre 2011, plus de 1.750 logements (4.900 places) étaient loués sous ce dispositif, selon le secrétariat d’Etat, quand l’Etat visait initialement « 5.000 logements dès 2009 ». Les 3.000 logements (8.400 places) doivent être atteints en juin 2012.
Les départements associés – En clôture du colloque, Benoist Apparu a annoncé que les bailleurs sociaux seraient davantage mobilisés pour accélérer le relogement des personnes sans-abri qui sont actuellement en attente dans des hébergements ou des logements temporaires. Des services d’accompagnement social seront développés ou renforcés pour aider les personnes à bien s’intégrer dans leur logement et leur environnement. De plus, une coopération avec les départements sera recherchée, afin de mener cette réforme de façon concertée, et selon les compétences de chacun.
10 territoires pilotes – Un plan d’accompagnement au changement sera lancé sans délais. Dix territoires pilotes volontaires ont déjà été identifiés, pour mettre en œuvre la stratégie de « Logement d’abord » de façon exemplaire. Ils bénéficieront de crédits d’Ingénierie, et d’un appui de l’Agence nouvelle des solidarités actives afin de partager les bonnes pratiques, en vue de les diffuser sur l’ensemble du territoire.
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