Médiation : « processus de création et de réparation du lien social, de règlement des conflits de la vie quotidienne dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l’organisation d’échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose ».
C’est sur cette définition commune que 300 responsables associatifs, élus, chercheurs et bailleurs sociaux se sont réunis pour les premières assises de la médiation sociale à Lyon, les 12 et 13 décembre, organisées sous l’égide de France Médiation.
80 % sous contrats aidés – Né dans les années 1970, renforcé par la création des emplois jeunes en 1998, le métier de médiateur arrive aujourd’hui à un tournant. « La décision du comité interministériel des villes (CIV) du 18 février 2011 de travailler à une reconnaissance ‘statutaire’ vise à professionnaliser ce métier et donc garantir une qualité de l’intervention dans un cadre d’emploi plus durable », explique Hervé Masurel, secrétaire général du CIV.
Aujourd’hui, 80 % des personnes exerçant comme médiateur travaillent sous contrats aidés.
Le décret examiné par le conseil sup en janvier – Parmi les enjeux à court terme liés à la reconnaissance du métier, il s’agit de définir un statut, un cadre d’emploi, les besoins de formation et les évolutions de carrière.
Ces travaux sont en cours. Une modification du décret sur le cadre d’emploi des animateurs territoriaux et des adjoints d’animation doit être examinée courant janvier par le Conseil supérieur de la fonction publique.
Pôle Emploi doit également mieux reconnaître dans sa classification des métiers (base ROME) celui de médiateur.
Quelles tâches ? Mais ce travail de professionnalisation ne peut faire l’économie d’une autre réflexion de fond : celui de définir ce qu’on attend d’un médiateur. « Est-il seulement un agent de médiation pour la prévention et la gestion du conflit ? Doit-il permettre un accès au droit ? Doit-il permettre aux habitants de devenir acteur de leur devenir ? Pour moi, la tâche prioritaire de la médiation sociale est celle de développer le pouvoir d’agir de la société – ce que les anglos saxons appellent ’empowerment’ », insiste Jean-Pierre Worms, chercheur et membre du collectif Pouvoir d’Agir. Aujourd’hui, la fonction de médiation reste très marquée dans une approche liée à la tranquillité publique.
Valoriser les coûts évités – Enfin, la médiation sociale est en quête de modèle économique afin de solvabiliser une partie de son activité. « Si certains pans de la médiation sociale resteront sous financements publics, d’autres interventions en lien avec les centres commerciaux, les transporteurs, les entreprises peuvent être pris en charge autrement », reprend Laurent Giraud, directeur de France Médiation.
« Il faut aussi apprendre à valoriser dans les comptes d’exploitation les coûts évités », insiste Pierre de Saintignon, vice-président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, dont la collectivité s’apprête à lancer une vaste expérimentation dans les lycées et les TER en embauchant 400 médiateurs.

