Les travaux du Grenelle de l’insertion se poursuivent, alors que le gouvernement prépare en parallèle des projets de lois intervenant dans le domaine de l’emploi. Existe-t-il une coordination entre ces processus ?
Le Grenelle de l’insertion devait remettre à plat les politiques publiques d’insertion professionnelle, cloisonnées, complexes et peu accessibles aux personnes les plus en difficulté. Or, le gouvernement a entamé plusieurs grands chantiers. Et il les mène de façon peu coordonnée. Il y a la réforme du service public de l’emploi de Christine Lagarde, la réforme de la formation professionnelle de Xavier Bertrand, le Grenelle de l’insertion et le Revenu de solidarité active de Martin Hirsch. A cela se rajoutent de petites mesures comme le contrat d’autonomie jeune, annoncé dans le cadre du plan pour les banlieues. Chaque ministre a sa propre réforme, la coordination interministérielle semble très faible.
Pourtant, les domaines sont intimement liés ?
En effet, dans une réforme du service public de l’emploi, il faut réfléchir à la manière d’accueillir un chômeur qui a par ailleurs de problèmes de santé ou de logement, ce qui arrive tout de même fréquemment. Ensuite, il faut pouvoir lui proposer une formation qualifiante, afin d’adapter la demande d’emploi à l’offre. Aujourd’hui, l’ANPE ne peut pas prescrire de formation professionnelle, alors que la qualification du chômeur est une question primordiale. La réforme qui consiste à donner au service public de l’emploi le pouvoir de prescrire de la formation professionnelle n’est pas encore envisagée.
Quelle est la place du Grenelle de l’insertion dans les réformes sociales ?
On a aujourd’hui le sentiment qu’à l’exception du RSA, les réformes sont conduites en dehors du Grenelle. Il est vrai que le Grenelle de l’insertion n’est pas aussi médiatisé que le grenelle de l’environnement, sans doute parce que le lobby des «pauvres» n’est guère puissant.




