Le Premier ministre François Fillon a souligné le 5 mai sur France Info que « les mairies qui ne veulent pas le faire ne le feront pas », évoquant le renouvellement du service minimum d’accueil (SMA), à l’occasion de la grève annoncée par les principaux syndicats de l’enseignement pour le 15 mai. « Les Français jugeront quelles sont les collectivités locales qui cherchent à se décarcasser pour venir en aide aux Français, sans en rien mettre en cause les mouvements de protestation », a-t-il déclaré.
A Paris, la mairie a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’organisera pas de service minimum pour accueillir les enfants en primaire lors de la grève des enseignants, estimant que cela reviendrait à chercher à briser le mouvement, a indiqué le 4 mai le responsable du secteur à l’Hôtel de Ville. « Notre position est la même (que lors de la grève du 24 janvier, ndlr). Nous n’avons pas de raison d’en changer », a déclaré Pascal Cherki, adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë (PS), chargé de la vie scolaire.
« Le gouvernement a allumé tous les incendies dans l’éducation nationale, on n’est pas là pour faire les pompiers. Il n’y a pas de raison que des fonctionnaires municipaux brisent un mouvement de grève de fonctionnaires nationaux », a-t-il ajouté. Le système consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu’ils gardent les enfants les jours de grève, grâce aux retenues sur salaires des grévistes.
Le secrétaire national du PS, Bruno Le Roux, a estimé le 5 mai que le ministre de l’Education Xavier Darcos avait « beaucoup de culot » de « s’occuper plus de l’école les jours de grève que les autres jours » et réclamé un « service maximum de l’éducation » au lieu d' »un service minimum, non seulement pour le 15 mai », jour de grève, mais aussi « pour l’éducation nationale, par la mise en oeuvre d’une politique de suppression de postes », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a déclaré le 5 mai sur Europe 1 qu’il ne consulterait pas les syndicats sur la question du service minimum d’accueil (SMA).
Après une première journée d’expérimentation, le 24 janvier, le ministre avait annoncé qu’il allait « proposer que dans les deux mois nous trouvions un accord avec les représentants des syndicats, pour que nous puissions avoir un préavis de grève de 48 heures », faute de quoi, « et bien oui, nous passerons par la loi ». Les syndicats ont assuré ce week-end n’avoir jamais été consultés depuis trois mois sur cette question.
« J’avais dit aux syndicats que je maintiendrai le principe du service minimum d’accueil parce qu’il dépend des libertés des communes, je ne vais pas discuter avec les syndicats pour savoir si les communes s’administrent librement », a-t-il expliqué le 5 mai.
Sur la déclaration préalable, « contrairement à ce que disent les syndicats, nous avons déjà évoqué plusieurs fois ce type de question (et) ils ne peuvent être nullement surpris, sauf à être de mauvaise foi ».
Arguant d' »une mesure à caractère social », il a fustigé l’attitude des maires de gauche qui ont déjà annoncé leur refus d’organiser un SMA. « J’ai même entendu le maire de Toulouse dire +moi je ferme toutes les écoles de ma ville, je refuse que quiconque entre+: il y a là une confusion des responsabilités », a-t-il dénoncé.
Thèmes abordés




