Alain Joyandet a remis, jeudi 12 janvier 2012 au président de la République, un rapport sur l’emploi des jeunes. A quelques jours du sommet social, le député maire (UMP) de Vesoul souhaite une concrétisation rapide de sa mesure phare : l’instauration, pour les 16-25 ans, de 50 000 contrats sans charges, dans les entreprises de moins de 10 salariés.
Mais, échéance électorale oblige, il voit aussi à plus long terme. Pour lui, « l’insertion des jeunes passe par l’entreprise, beaucoup plus que par le secteur public ». Il propose donc de créer des centres de formation d’apprentis d’entreprise où tout serait décentralisé : le financement (l’entreprise ne paierait plus de contributions) ainsi que la formation des jeunes apprentis. « Cela permet que l’argent de l’apprentissage aille vraiment bien à l’apprentissage. Aujourd’hui il n’existe pas de traçabilité », déplore Alain Joyandet.
L’élu ambitionne de faire passer le nombre de jeunes en alternance de 600 000 à 900 000 d’ici 2017, notamment en encourageant les élèves des lycées professionnels à faire leur dernière année dans un centre de formation d’apprentis (CFA).
Le gouvernement vise aujourd’hui 800 000 alternants d’ici 2015.
Pôle avenir jeunes – L’élu – et chef d’entreprise – appelle en outre à mettre en place des contrats d’objectifs et de moyens Etat-collectivités, en matière d’éducation, d’emploi, de formation et d’insertion.
« Il ne faut pas nier la dimension territoriale de ces questions et tenir compte des spécificités. Mais actuellement, les régions ne font pas assez et ce qu’elles font est trop rigide », dénonce-t-il.
Du point de vue de la gouvernance, outre la création d’un ministère dédié à l’emploi des jeunes, Alain Joyandet ne préconise rien de plus que ce que les territoires essaient déjà de mettre en place, à savoir des lieux uniques rassemblant tous les acteurs (Education nationale, missions locales, Pôle emploi, etc.).
Dans un deuxième temps, ce « pôle avenir jeunes » pourrait prendre la forme d’un groupement d’intérêt public, « ce qui permettrait de respecter les statuts des différents intervenants et de réduire le délai de mise en œuvre -juridique ».
Réagissant à la remise du rapport, l’Elysée a souligné « la richesse des propositions » et affirmé qu’elles « contribueront très utilement aux réflexions » en vue du sommet pour l’emploi.
Entendre aussi la voix des chômeurs
En prévision du sommet du 18 janvier, les associations de chômeurs, qui déplorent n’avoir pas été invitées à ce grand raout, se mobilisent également. Le Mouvement national des chômeurs et précaires a aussi, mercredi 11 janvier, appelé avant tout à des mesures d’urgence : augmenter les minimas sociaux de 250 euros notamment.
Le MNCP appelle aussi à une refonte du système d’indemnisation du chômage : que le Revenu de solidarité active (RSA), les allocations de chômage et l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) soient regroupés, « pour éviter les ruptures ».
Avec d’autres, cette association envisage également des occupations d’agences de Pôle Emploi dans les jours entourant le sommet social, et doit organiser fin mars un forum colloque sur le chômage et la précarité avec des chômeurs et les candidats à la présidentielle.
Plus largement, le MNCP souhaite que la voix des chômeurs soit davantage entendue. « Les chômeurs et les précaires n’ont jamais la parole, alors que tous les autres services publics ont leur collectif d’usagers », a commenté Marie Lacoste, sa secrétaire générale.
Références
L'emploi des jeunes, grande cause nationale, rapport d'Alain Joyandet, 12 janvier 2012
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