Qu’attendez-vous de la circulaire ministérielle sur l’école en montagne publiée le 12 janvier ?
Que les recteurs d’académie reconnaissent enfin la spécificité des écoles de montagne avant de modifier la carte scolaire ! Leur appliquer un taux d’encadrement défini au niveau national a peu de sens pour nos territoires dont la population est à la fois faible et dispersée.
Il convient aussi de juger la facilité d’accès aux écoles, non pas en distance kilométrique, mais en temps de trajet. Dans certains cas, la fermeture d’une école ou d’un site de regroupement pédagogique peut occasionner un allongement considérable des temps de trajet, au-delà du raisonnable.
Lorsqu’ils atteignent deux heures par jour pour des enfants de maternelle, et dans des conditions climatiques souvent difficiles, cela devient un critère de renoncement à l’installation des familles, et une preuve flagrante de l’inégalité d’accès à l’école !

Si le service scolaire n’est plus assuré, toutes les initiatives prises par les collectivités pour maintenir l’attractivité de leur territoire sont vouées à l’échec.
Avec cette circulaire, qui reconnaît pour la première fois les critères de la durée et des conditions de transport dans la définition de la carte scolaire, nous avons l’espoir d’être enfin entendus.
La circulaire demande que des études d’impact soient réalisées, combinant l’évolution des effectifs à deux ou trois ans mais aussi les conditions de scolarisation des enfants. Comment les élus locaux de montagne peuvent-ils se saisir de cette opportunité ?
J’invite les élus à aller au devant des services de l’Education nationale pour faire réaliser ces études à chaque fois qu’il y a un projet de suppression de classe.
Il s’agit ici de considérer l’école de la manière la plus favorable pour le territoire. Bien sûr, ce n’est pas un combat d’arrière garde : quand il n’y a pas d’élèves, le service ne peut être maintenu.
En revanche, dans certains cas de fragilisation, l’étude d’impact pourra aider le maire à démontrer une amélioration de la situation à moyen terme, en comptabilisant les moins de trois ans.
Si en périphérie des grandes villes, on peut comprendre que l’Education nationale ne les prenne pas en compte, en montagne, cela peut permettre la sauvegarde de l’école. Ne nous en privons pas ! Car l’expérience prouve que la fermeture d’un site est irréversible.
La circulaire inscrit également noir sur blanc la concertation avec les représentants des collectivités locales et territoriales. Qu’en pensez-vous ?
La concertation a toujours existé mais dans les faits, elle s’apparentait plutôt à du partage d’informations. Jusqu’à maintenant, les élus avaient peu de prise pour faire basculer un projet de fermeture d’école. Avec cette circulaire, ils peuvent désormais faire valoir des critères que l’Education nationale reconnaît enfin officiellement !
Nous veillerons à ce que cette circulaire soit appliquée et que nos adhérents bénéficient de cette avancée, et nous dresserons un bilan de l’usage qui en sera fait à l’issue de la période de préparation de la rentrée 2012.
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