Les chiffres du mal logement sont, une fois de plus, alarmants :
- 685 000 personnes privées de domicile personnel,
- 2,7 millions de personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles,
- 172 000 personnes en situation d’occupation précaire,
- 110 000 expulsions…
Une fragilité qui gagne des classes jusque là épargnées – Comme chaque année depuis 17 ans, la Fondation Abbé Pierre a renouvelé son exercice de tableau de bord du suivi du mal logement en France, mais la tonalité cette année est particulière : si les difficultés s’accroissent pour les ménages pauvres et précaires, la fragilité financière générée par le coût du logement gagne des classes jusque là épargnées.
S’appuyant sur une enquête de l’Insee, le rapport souligne que 6,6 millions de ménages sont concernés par de telles difficultés. Parmi eux, plus de 2 millions de ménages ont un taux d’effort supérieur à 35 % et un niveau de vie résiduel inférieur à 500 euros par mois.
Soit 17 euros par jour.
Ils sont également 1,6 million de ménages à disposer d’un reste à vivre inférieur à 300 euros. Le rapport souligne en outre que 2,4 millions de ménages, sans être pauvres, consacrent plus de 35 % de leur ressource au logement.
13 % dans les zones rurales – Sur les territoires, les situations de difficultés de logement ne se limitent pas aux zones urbaines. Les communes rurales enregistrent 13 % de ménages avec des difficultés de logement.
Dans les communes rurales périurbaines, 15 % des ménages sont concernés par de telles difficultés. Ces pourcentages montent jusqu’à 38 % dans des grandes villes (entre 100 000 et 200 000 habitants) dont les prix du logements sont pourtant bas.
Ces difficultés ont des conséquences sur la qualité du logement (surpeuplement, absence de chauffage), sa pérennité (impayés de loyers) et sur l’alimentation, la santé et les loisirs.
« Nous observons que la crise économique fragilise les ménages les plus modestes, isolés, jeunes en difficultés d’insertion, femmes seules avec enfants avec de faibles ressources. Mais elle touche également des ménages pourtant insérés socialement et économiquement », insiste le rapport.
Concurrence des publics – Les auteurs soulignent : « A cette sélection par le marché des demandeurs de logements les plus solvables répond la concurrence qui s’installe à tous les niveaux de l’offre publique qui demeure insuffisante, qu’il s’agisse d’hébergement ou de logement social (…). Tout se passe comme si on organisait une véritable ‘lutte des places’. Une lutte qui ne se traduit pas par un affrontement entre les demandeurs d’hébergement ou de logement social, mais par un affaiblissement de l’espoir et à un renoncement progressif sur la qualité du logement. »
Dans le même temps, la fondation dénonce la pénalisation et le durcissement du traitement public des problèmes liés au logement, notamment celui réservés aux personnes en situation d’expulsions et les roms.
A quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, Christophe Robert, le délégué adjoint de la Fondation Abbé Pierre entend bien que « les cris contenus dans les 17 rapports annuels du mal logement se transforment enfin en politique publiques ».
Pour cela, la Fondation a présenté aux candidats un contrat social pour une nouvelle politique du logement.
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