Selon les préconisations du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), en 2010, et celles des auteurs des rapports « Schwartz », en 1998, et « Pochard », en 2003, les concours ont été allégés et professionnalisés au fil des refontes de cadres d’emplois. Le nombre d’écrits a été réduit et les oraux, plus proches de la réalité du travail, ressemblent à des entretiens d’embauche. Les questions, moins théoriques, reposent sur des études de cas et font appel à la culture professionnelle du candidat, mis en situation. « Les évolutions portent sur son positionnement, sa capacité à parler de son projet et à occuper un poste, au détriment d’épreuves plus académiques », indique Anthony Giunta, directeur général des services de La Courneuve et président de jury.
Culture professionnelle – « L’ancienne épreuve de culture générale a été remplacée par une autre, semblable mais plus pratique. L’oral est tourné vers le métier de fonctionnaire. C’est de la culture générale appliquée », approuve Florence Crouzatier-Durand, maître de conférences à Toulouse. La réforme, selon elle, est bien pensée. « Plusieurs écrits, c’est inutile. Il s’agit de sélectionner des candidats, affirme l’enseignante qui déplore, cependant, une baisse de niveau. Pas seulement aux concours, mais dès la première année universitaire. Etudiants et candidats manquent de bases et de curiosité, depuis quatre ou cinq ans, dans toutes les matières. Nous redéveloppons donc des cours de culture générale pour les inciter à regarder autour d’eux. Nous les invitons, aussi, à professionnaliser leur cursus. »« Il faut mettre le curseur au bon endroit : éviter aux externes les redondances avec la formation initiale, reconnaître l’expérience des internes, comme le CSFPT l’a préconisé », confirme Pierre Coilbault, maire de L’Haÿ-les-Roses et membre de jury. De là à trop simplifier, c’est le risque du processus engagé. « Un seul oral au concours interne d’auxiliaire de soins, par exemple, n’est pas pertinent, estime Francis Fargeot, directeur du CIG de la petite couronne. Sous prétexte que c’est plus simple pour le candidat, finalement, c’est frustrant pour lui et le jury. Et cela ne coûte pas moins cher, car chacun est reçu par un jury réuni durant plusieurs semaines », précise-t-il, prévoyant de demander à la direction générale des collectivités locales de retravailler le nombre et la nature des épreuves de certains concours.
Propositions du président du CNFPT
Pour « adapter les règles de recrutement », François Deluga, président du CNFPT, consacre dix de ses récentes propositions aux concours territoriaux, parmi lesquelles l’harmonisation et la dématérialisation du recensement des besoins, la base unique d’inscrits, le calendrier unique pluriannuel publié au « Journal officiel », la base de données actualisée, la révision des programmes en cohérence avec les compétences attendues, l’accompagnement des lauréats, les listes d’aptitude nationales…
« Réussir ne s’improvise pas » -Éric Deglaire, adjoint administratif 1ère classe (1)
« J’ai suivi la préparation au concours d’attaché du CNFPT, un jour par semaine durant quatre mois, une aide précieuse. Licencié en administration publique, j’ai débuté comme saisonnier, puis en emploi jeune. Animateur scolaire, j’ai réussi en 2001 le concours C d’adjoint administratif. En 2011, j’ai passé celui de rédacteur B sans succès et celui d’attaché A, pour lequel je suis une deuxième fois admissible. L’écrit de rédacteur comprenait une note sur dossier sans préconisation et des questions de culture générale. La note du concours d’attaché exige des solutions opérationnelles et la connaissance de l’environnement. En 2012, j’ai échoué à l’oral. J’étais sous pression, en retrait, pas en position de futur cadre. Cette année, pour l’écrit, je me suis entraîné seul, quatre heures le soir. J’ai lu la presse spécialisée, pour la culture territoriale, suivi l’actualité et construit des dossiers spécialisés par grands thèmes portant sur la fiscalité locale, le statut, la vie politique… »
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Concours de la fonction publique : un gage d'égalité, malgré tout
Sommaire du dossier
- Fonction publique territoriale : les lauréats de concours largement minoritaires
- Entrer dans la fonction publique par le concours : tous les chiffres en une infographie
- Le concours reste un garde-fou du statut de la fonction publique
- Les concours dans la fonction publique territoriale : des avantages mais aussi des inconvénients
- Recrutements sans concours : le recours obligatoire aux « Pacte »
- Concours : « Une autre réforme du statut se dessine avec la baisse des effectifs »
- Concours de la fonction publique : une organisation bien rodée, qui peut encore s’améliorer
- Les douze étapes clés pour se préparer à un concours de la fonction publique
- Des épreuves modernisées et allégées
- Concours A + : un équilibre à trouver
- Concours de la fonction publique : du service public garanti ?
- Concours de la fonction publique : un sésame pour la carrière
- Etre candidat à un concours de la fonction publique en 10 questions
- Concours de la fonction publique : les centres de gestion peinent à gérer l’absentéisme
- Gestion des listes d’aptitude : la balle est aussi dans le camp des lauréats
- L’organisation des concours et des examens en 10 questions
- Le contentieux administratif des concours de la fonction publique en 10 questions
- Concours : « Sans règles, le risque est de revenir au clientélisme » – Annie Fitte-Duval, maître de conférences en droit public à l’Université de Pau
Notes
Note 01 admissible en 2012 et en 2013 au concours interne d'attaché territorial Retour au texte




